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Archives de février 2010

Eugène Delacroix-La liberté guidant le peuple
Image by DarFin Oil Painting via Flickr

La semaine dernière, @nicolasvoisin indiquait sur Twitter la création prochaine d’un état lab en France. Je n’avais pas réussi à trouver la source de l’information mais c’est chose faite grâce à @epsiplatform, il s’agit de la page 38 du rapport Riester remis la semaine dernière à Eric Woerth et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Etat lab

La proposition n°22 du rapport Riester suggère la création d’une plateforme d’innovation de services ci-nommée « Etat Lab » qui permettrait aux  acteurs tiers de développer des services innovants à partir de données publiques*.
Cette plateforme prendrait appui sur le futur portail national de lAPIE (Agence du Patrimoine Immatériel de l’Etat) de mise à disposition des données publiques et serait initialisée fin 2010. Elle permettrait d’intégrer les bases de données et API, ce qui rappelle trait pour trait le principe du datagov aux Etats-Unis (notamment).

Ce que le rapport ne dit pas :

  • Quelles données libère-t-on ?
  • Sous quel format ?
  • Quels seront les types de licences pour l’usage de ces données ?
  • Les formats seront-ils user-friendly (usage citoyen) et/ou mashup friendly (developpeurs only) ?
  • Comment interagiront les plateformes de différents niveaux (locales, régionales, nationales) ?
  • Qui finance ces plateformes ?
  • A partir de quelle phase privatise-t-on le service ?

S’il convient de garder ces questions en tête, elles ne devraient pourtant pas servir d’alibi à l’inaction. Pour Hugues Aubin, chargé de mission TIC à Rennes, plutôt que s’attarder sur la normalisation des données (pointée du doigt à la FING lors de la conférence du 11 février sur l’ouverture des données), partons des bases existantes pour avancer.

Et justement de l’avancement il y en a avec la plateforme Data Publica dont la fonction correspond tout à fait à la définition de l’Etat lab.

Data Publica va mettre en place et opérer une place de marché sur laquelle ceux qui possèdent des données viendront publier leurs méta-données ou leurs API ainsi que la ou les licences sous lesquelles elles peuvent être utilisées, et ceux qui développent des applications viendront prendre ces méta-données pour développer des applications au modèles économiques compatible avec la licence d’utilisation. Data Publica fournira aux éditeurs de données une palette de licences parmi lesquelles ils pourront choisir et des outils pour publier leurs données et méta données. Data Publica fournira aux dévelopeurs un annuaire des API et meta données et l’accès aux données. Cette place de marché contribuera au développement des applications valorisant les données publiques ou privées. Le projet est financé partiellement dans le cadre de l’appel à projet « Web 2.0 innovant ». Il est développé par un consortium de trois entreprises : Araok, Nexedi et Talend.

Au fur et à mesure des avancées dans la révolution de l’ouverture des données publiques, les acteurs tendent à se positionner derrière deux camps. Data Publica rejoindrait les Montagnards misant sur la centralisation. Leur plateforme semble prendre la voie d’un service exclusif aux développeurs, avec catalogue de données brutes, approche assez administrative, données en partie payantes et peu ou pas d’outils intégrés pour la visualisation ce qui rend ces données innaccessibles au citoyen lambda.

Les plateformes locales (Keolis et la ville de Rennes à suivre) sont en train de se constituer de manière plus rapide- relativement parlant- et polymorphe. Elles pourraient prendre une approche plus ludique et aussi accessible au public en proposant des outils de visualisation, de personnalisation et de comparaison. Ce seraient les Girondins de l’ouverture des données, proposant un service décentralisé

Ces approches vont-elles s’entrechoquer ou au contraire devenir complémentaires ?

Dans un article comparant la plateforme américaine Datagov et la plateforme anglaise datagov.uk, Flowing Data indique sa préférence pour la version anglaise, plus accessible, elle est plus démocratique. Un catalogue centrale des données est pourtant indispensable aussi pourquoi ne pas préparer dès aujourd’hui la conciliation des deux versions ?

Data Publica pourrait être le centre de référencement national pour trouver une donnée et l’en extraire pour les développeurs. Les plateformes locales permettraient l’accessibilité aux données par les développeurs mais aussi les citoyens, ce qui serait d’autant plus judicieux qu’il s’agira de données locales fortement plebiscitée: transport, tourisme, etc. Pour s’y retrouver et obtenir un service homogène, il faudrait d’ores et déjà mettre en place des règles, notamment un intitulé-type pour les sites de bases de données: ville.donnee.fr par exemple.

Et si on changeait l’équation Girondins vs Montagnards pour: Girondins + Montagnards ?

* "Orange" a fait parti du groupe de travail pour le projet Riester qui préconise l’ouverture des données publiques, données qui sont à la base de bons nombres d’applications smartphones.

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À l’occasion des élections régionales de mars 2010 ( 14 et 21 mars), Creative Commons et April lancent des campagnes pour connaître le positionnement des candidats.

Pour Creative Commons il s’agit de donner sa position quant à l’ouverture des données publiques et les licences d’usage.
Pour April il s’agit de signer le pacte de soutien aux logiciels libres.

L’ouverture des données publiques et Creative Commons

Creative Commons écrit:

"Tous les citoyens attachés à l’’accès ouvert aux données publiques sont invités à adresser un questionnaire aux candidats pour les régionales 2010. Ce questionnaire sur l’accès aux données publiques est un document permettant aux électeurs de savoir si leur candidat dans leur région est sensible aux enjeux de l’accès ouvert et de la réutilisation des données publiques."

LiberTIC travaillant activement sur l’ouverture des données publiques en Pays de Loire, il était logique de relayer ces informations au niveau régional.

Le message:

Mesdames et Messieurs les candidats,

Le mouvement pour l’accès ouvert aux données publiques se développe à travers le monde :  l’Australie avec le projet Mash Up, l’Angleterre avec le projet Data.gov.uk, etc. Ces pays ont choisi de permettre la large diffusion et réutilisation de leurs bases de données publiques en les plaçant sous Licence Creative Commons.

Cette dynamique d’élargissement des biens communs permet :
- des économies d’échelle pour les collectivités et les services publics
- un foisonnement de création et d’innovation
- le développement de structures locales innovantes
- des retours sur investissements rapides et démontrés par les expériences européennes et outre-atlantique
- la création de nouveaux services et outils pour les citoyens et contribuables
En bref, une plus value locale, sociale et économique sans besoin d’investissements massifs.
Dans cette démarche, le respect du droit d’auteur inaliénable en France est bien sûr conservé. Il se trouve explicité et garanti par des licences de type Creative Commons, OdBl, GFDL ou « Art libre ».
La France et ses régions ne peuvent rester à l’écart de ce mouvement qui s’amplifie. Rennes a annoncé la semaine dernière l’ouverture de ses premières données d’ici 2 mois. A la veille des élections qui vont décider des programmes et des équipes qui vont gouverner les régions, nous souhaitons vous interroger sur votre positionnement quant à l’ouverture des données publiques.

Les questions:
Êtes-vous, dans le respect du droit moral des auteurs, en faveur de :
  1. l’accès et la réutilisation libre et gratuite des données publiques (géographiques, statistiques, environnementales…) produites ou financées par la région
  2. l’accès et la réutilisation libre et gratuite des contenus produits ou financés par la région (telles les publications papier ou web)
  3. l’accès et la réutilisation libre et gratuite des études produites ou financées par la région
  4. l’accès et la réutilisation libre et gratuite de données des observatoires co-financées par la région
  5. la publication en open archive des travaux publics de recherche produits ou financés par la région
  6. l’accès et la réutilisation des contenus de formation produits ou financés par la région (formation professionnelle, manuels scolaires…)

Les logiciels libres et APRIL

pour la signature du pacte de soutien au logiciel libre que vous retrouvez sur le site Candidats.fr

  • Si vous êtes candidats, vous pouvez télécharger le pacte ICI et nous le retourner afin de valider votre position que nous restituerons auprès de l’APRIL.
  • Si vous êtes sympathisant vous pouvez simplement remplir le formulaire de soutien à cette adresse.

Nous rajouterons en commentaires le fil des réactions ou non, des candidats.

Le plan :

- Lancer une demande de réponse au questionnaire via twitter- exclusivement- dans un 1er temps (qui a dit approche gov20 ?)

- Répertorier les réactions et positionnements des candidats aux élections régionales en Pays de Loire

La liste des candidats concernés et leur réponse à l’heure actuelle:

  • Jacques AUXIETTE (PS), président sortant de la région des Pays de la Loire:
  • CC OUILL ?

  • Christophe BECHU (UMP):
  • CC ? – LL ?

  • Jacky FLIPPOT (Nous te ferons Bretagne):
  • CC OUI – LL OUI

  • Patricia GALLERNEAU (Modem) via M. Prud’homme:
  • CC OUI – LL OUI

  • Marc GICQUEL (PG):
  • CC ? – LL ?

  • Eddy LE BELLER (LO):
  • CC ? – LL ?

  • Jean-Philippe MAGNEN (Europe Ecologie):
  • CC ? – LL ?

  • Brigitte NEVEUX (FN):
  • CC ? – LL ?

Et à titre informatif: M. Jean-Marc Ayrault, Député-Maire de notre ville de Nantes: CC ? – LL ?

LiberTIC se tient à votre diposition pour vous renseigner sur le système de licences et sur les principes de l’ouverture des données publiques afin de répondre au mieux aux questions.

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liberTIC a participé le 11 février dernier à la journée sur l’ouverture des données publiques organisée par la FING à Paris.

Charles Nepote, Directeur de programme d’action à la FING, a commencé par un état des lieux de l’ouverture des données publiques:

  • L’ouverture des données publiques est en marche
  • La directive Inspire arrive en France
  • Les données démographiques non-nominatives, les données de transports et autres données géolocalisées seront concernées
  • Les exemples à l’étranger se multiplient: USA, Australie, Suède
  • Les villes aussi suivent le mouvement: Londres, New York, San Francisco
  • L’ouverture est source de création de nouveaux services, d’innovation, de débat et de développement
  • Il en ressort des informations thématiques: Bookzee, Everyblock, Fixmystreet

S’en suivirent plusieurs présentations dont celle de Rennes et pour donner suite au billet précédent, nous allons revenir plus en détail sur l’annonce de Rennes Métropole.

Xavier Crouan, directeur de l’information et de la communication de la ville de Rennes a commencé sa présentation en déclarant l’adoption par sa ville d’une philosophie positive et partagée sur l’ouverture des données. Il a également ajouté que Rennes disposait d’un réservoir d’acteurs innovants et actifs sur son territoire, ce qui facilite l’acceptabilité par les acteurs publiques des logiques de libération des données. Il est vrai que les bretons foisonnent de projets:

  • La création des bornes Blurennes
  • Le lancement de Wikirennes en avril
  • Le lancement d’un citywall en mars


Le transport, vecteur commun de l’ouverture des données:

Pour revnir à l’ouverture de données publiques, la mise en place de la plateforme rennaise en avril 2010 est accompagnée par Keolis Rennes, le service de transports en commun de Rennes métropole. Cette ouverture de données n’est donc pas le fruit d’une vision des élus mais d’un lobbying d’une structure privée In-Cité qui , suite à une veille d’un an sur les applications anglo-saxonnes, a su comprendre les enjeux liés à cette thématique et a su convaincre les collectivités publiques d’aller dans le sens de l’ouverture.

La ville et Keolis ont fait le choix de travailler avec In-cité afin de proposer une plateforme de données, ouvrir des données froides et chaudes sur les transports sous le format Creatives Commons. Un support de développement API et les codes sources seront aussi mis à disposition dans une volonté de normaliser les formats.

La démarche de Keolis est simple:  développer des solutions d’information innovantes à destinations des usagers.
La démarche de la ville: accessibilité, intermodalité et labelisation.

Les données types que l’on pourra retrouver:

  • Horaires
  • Accessibilité des stations de métro
  • Géolocalisation des vélo et des stations…

D’ici Avril 2010, un concour d’appel à services va être proposé. On pourrait y retrouver des similitudes avec le populaire modèle anglo saxon Apps for democracy.

A LiberTIC nous sommes plus que ravis de voir emerger ce projet, et attendons avec impatience l’ouverture en Avril prochain de la plateforme de Rennes. De nôtre côté, nous continuons les démarches sur Nantes afin de faire aussi de notre ville une ville pilote dans l’ouverture des données publiques.

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Étant donné que c’est le premier billet du blog FR de LiberTIC, son titre est évidemment décliné sur un ton évocateur.

Baptisé du nom de l’ association, liberTIC,  ce blog traitera majoritairement des outils innovants du web et de leurs applications ayant pour but de faciliter les démarches, les procédures et la vie locale. A ce titre, le gouvernement 2.0 et l’ouverture des données publiques sont des thèmes récurrents.
Rendez vous sur la page A propos où est proposé une description plus aboutie.

C’est à la suite de la participation de LiberTIC à la journée d’information et d’échanges autour du partage des données publiques organisée par la FING à la Cantine,  le 11 février dernier, que nous avons décidé d’ouvrir le blog en version française. Hé oui, il semblerait que l’auditoire français soit prêt et demandeur.

Le mouvement de libération des données est lancé, "ON AIR", de manière déjà avancée chez les anglo saxons.
"Les gouvernements américains et britanniques libèrent leurs données, les villes d’Helsinki, Vancouver, San Francisco, New York… en font de même". (via Fing)

La dynamique d’innovation produite par cette libération offre aux citoyens de nouvelles manières de vivre et de comprendre leurs territoires. Un exemple présenté lors de la journée a retenu notre attention. Walkscore, à San Francisco. Quels sont les lieux de votre ville les plus accessibles à pied?

Plusieurs autres exemples amènent à considérer que la mise à disposition des données touchant le domaine de la vie publique révolutionne la relation citoyen et territoire, usages et espaces urbains ou ruraux. Voir  http://www.nycbigapps.com/ ou http://www.manorlabs.org/

Nous retiendrons donc de cette journée plusieurs enseignements:

  • La libération des données publiques n’est pas un phénomène marginal, il est aujourd’hui considéré comme un véritable enjeu politique, sociologique et économique
  • L’ouverture des données publiques et leurs réutilisations nécessitent pour les acteurs publiques un accompagnement et la mise en place de règles de diffusion et de standards
  • L’exposition des données publiques est un levier fort pour l’innovation sous couvert du principe gagnant-gagnant

Enfin, un des moments forts de la journée a été la presentation par Rennes Métropole de l’ouverture, en avril 2010, d’un portail d’accès aux données publiques.

Déclaration officielle qui nous laisse enthousiastes quant aux répercutions de ce projet pilote sur  d’autres territoires comme ceux de grands villes. Evidemment, nous pensons à Nantes.

Nous avons choisi de détailler cette annonce dans le billet suivant,  Rennes pilote l’opendata en France.

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