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Archives de février 2011

L’annonce de Nantes de rendre ses données publiques payantes pour les réutilisations commerciales a relancé le débat: faut-il faire payer les entreprises ?

Cette question a été tranchée à l’étranger où les plateformes nationales et locales présentent des licences d’exploitation gratuites pour tous. Certains pays comme la Nouvelle-Zélande ont d’ailleurs mis en place des systèmes de licence unique gratuite. Si plusieurs licences coïncident en France, les deux initiatives Opendata françaises affichent bien des licences d’exploitation gratuites, y compris à des fins commerciales, à Rennes et à Paris.

Nous soutenons que l’accès et la réutilisation des données publiques, y compris à des fins commerciales, doivent être gratuits et voici pourquoi:

  • Le Mouvement Opendata privilégie la gratuité

L’Opendata n’est pas une quelconque pratique de mise à disposition de données. L’Opendata est un mouvement international qui repose sur une philosophie et des principes.

Soutenu par la communauté du libre, par les militants du droit d’accès à l’information et par les promoteurs du gouvernement ouvert, les deux acteurs principaux de l’Opendata sont la Sunlight Fundation aux Etats-Unis et l’Open Knowledge Fundation au Royaume-Uni. Les 10 principes de l’Opendata qui constituent les piliers de la philosophie du mouvement impliquent le respect du principe fondamental suivant : assurer que les données publiques soient accessibles, exploitables et réutilisables par tous.

Parmi les dix critères d’une donnée ouverte, il y a notamment les notions de non-discrimination des usagers ainsi que la notion d’abandon des licences restrictives et de la tarification qui limitent la diffusion et réutilisation des données.

Subordonner la réutilisation des données publiques à une licence payante ne relève donc pas des principes du Mouvement Opendata.

  • La tarification des données est limitée par la loi

La mise à disposition des données publiques en France est régie par un cadre légal stricte.

La loi du 17 juillet 1978 sur le droit d’accès à l’information permet à toute personne d’obtenir l’accès aux informations créées dans le cadre d’une mission de service public.

Les données sensibles, du type données nominatives, à caractère privé, relevant de la sécurité du territoire, etc. sont évidemment exclues du champs de la mise à disposition.

Cette loi mentionne que la réutilisation d’informations publiques peut éventuellement donner lieu à tarification mais là encore dans un cadre précis : la redevance ne peut pas dépasser le coût de mise à disposition des données.

Cette législation a été adaptée à la Directive 2003/98/CE du Parlement européen et du Conseil du 14 novembre 2003 relative à l’utilisation des informations du secteur public. Transposée en droit français par l‘Ordonnance 2005/650 du 6 juin 2005 et par le décret n° 2005/1755 du 30 décembre 2005 elle stipule également:
« Les informations publiques, non nominatives, provenant d’organismes publics ou d’entreprises privées exploitant un service public doivent pouvoir être rendues accessibles et réutilisées à des fins commerciales ou non, d’une manière non discriminatoire et non exclusive, et à des coûts qui n’excèdent pas leur coût de production »

Les administrations ne peuvent donc pas espérer obtenir de bénéfices financiers sur la vente des données.

  • L’investissement entre dans les budgets des collectivités

Contrairement à un fantasme répandu, la démarche Opendata ne représente pas un investissement inabordable. Rennes avait indiqué avoir mis 20 000€ de sa poche même s’il est vrai que cela ne prend pas en compte les ressources humaines et la surcharge ponctuelle des services concernés le temps du lancement (certains l’évaluent à 25% de leur temps de travail). Mais l’investissement initial est dans l’infrastructure, pas dans la diffusion des données. L’effort est donc au début du processus avec un budget de départ à définir.

Or les collectivités ont déjà des lignes budgétaires pour financer des aides à l’emploi, des appels à projet pour développer l’économie et l’entrepreneuriat sur leurs territoires, elles financent la création de services d’utilité sociale, elles investissent dans la communication pour valoriser l’attractivité de leurs territoires… et l’Opendata est un facilitateur pour atteindre tous ces objectifs.

Il s’agit d’un levier extrêmement bon marché pour déclencher des effets perceptibles sur les territoires, ce qui devrait être une motivation à mettre l’investissement entre parenthèse à partir du moment ou des services au citoyen et aux entreprises sont à la clé.

  • La gratuité génère des bénéfices

Lors de la conférence européenne PSI Apps à Berlin le 18 février dernier, Marc de Vries a présenté les bénéfices financiers d’un programme d’ouverture des données au Danemark. Voici la retranscription de son slide de présentation adapté de l’étude téléchargeable ici et dont un résumé en français est disponible sur a-brest.

Pour la Catalogne, l’ouverture a généré des économies de 500h mensuelles de travail et un retour sur investissement en 4 mois.

Pour Rennes, la création de 47 applications à partir de leurs données ouvertes a été financée par des partenaires à hauteur de 50 000€. Si la collectivité avait dû financer elle-même ces applis, sur une moyenne de 20 000€ chacune, cela lui en aurait coûté 940 000€.

Et ce ne sont que quelques exemples parmi les études sur les avantages économiques et sociaux de l’Opendata. Voir d’autres cas chiffrés ici et études complémentaires là. Les études pour vous convaincre.

Dans un contexte budgétaire toujours plus limité, la question n’est pas de savoir comment financer l’Opendata mais comment continuer à financer des procédure coûteuses qui freinent le développement économique et impactent donc les recettes fiscales ?

  • Le paiement pour la réutilisation commerciale est déjà la norme

Les entreprises payent déjà pour commercialiser des données publiques, ce qui crée d’ailleurs un système oligopole dans lequel seules les structures ayant assez de moyens pour investir dans l’acquisition peuvent suivre, pénalisant les petites entreprises et les porteurs de projets dans le développement de leur activité et la création de services et usages innovants.

Or l’Opendata est un changement total de paradigme. Les premiers freins sont culturels et organisationnels. Le renoncement à la commercialisation implique que l’administration envisage les bénéfices du système administratif dans sa globalité, ce qui est difficilement envisageable dans une organisation en silos.

  • Une procédure difficilement appliquable

Les collectivités auront-elles les moyens d’identifier tous les acteurs effectuant une réutilisation commerciale de leurs données ? Et qu’est-ce qu’une utilisation commerciale ? Si une initiative telle que Nosdeputes.fr devait demain financer l’hébergement de leur site via de la publicité en ligne, (tandis qu’ils payent l’hébergement de leur poche actuellement), leur démarche citoyenne serait-elle alors considérée comme une réutilisation commerciale des données ?

  • Le pragmatisme, plus efficace que l’idéologie

A travers les commentaires des internautes sur la question de la licence commerciale, nous constatons que la vision idéologique du rôle des entreprises dans la société semble largement influencer les positionnements de chacun. On observe un clivage dont une restitution manichéenne pourrait donner ceci :

  • Ceux qui envisagent les entreprises comme des structures d’exploitation arbitraire ne partageant pas leurs profits « évadés aux Bahamas » et ne participant donc pas à l’effort collectif privilégient un accès payant pour les réutilisations commerciales
  • Ceux qui envisagent les entreprises comme des entités créant de la richesse, de l’emploi et de services utiles à la communauté privilégient leur développement par l’accès gratuit pour les réutilisations commerciales

Il y a également tous ceux qui ne connaissent pas les principes de l’Opendata et qui ne sont pas étonnés par l’idée qu’une structure commerciale paye un accès, ce qui semble un réflexe français que nos voisins européens ont du mal à comprendre.

Lors de la conférence « Public Sector Information Reuse », un représentant d’une organisation française en faveur des licences commerciales payantes est intervenu pour défendre sa position, ce qui a suscité de vives réactions en temps réel sur le mur de tweets dont voici une restitution partielle.

sebgiessmann Sebastian Gießmann

Mon dieu! Do the French only think about how to get money out of public sector information?

jindrichmynarz Jindřich Mynarz

#opendata doesn`t need a business model: public sector bodies need to create it to perform their functions anyway

prodromos prodromos

#PSI_apps @ckreutz "if you make services digital you exclude a lot of people and if you make them pay you exclude even more"

avancampen Annemarie van Campen

‘Why all those rules beforehand, when gov can"t really control them?’

tlangkabel Thomas Langkabel

Panel at #PSI_apps focusing strictly on pricing&cashflow of #Opendata what about social aspects? democratic value? transparency ?

CountCulture Chris Taggart

Rather saddened by the #sameoldarguments re charging for public data at #psi_apps. Too many vested interests here ?

marcribes_obs Marc Ribes

#PSI_apps Don’t forget original spirit of PSI: it should already exist and be opened to reuse. It is not created for biz use but can lead to

tlangkabel

‘Do we have politicians in the room?’ Result: ZERO. Big issue! Need to reach them quickly.

Un changement culturel reste à opérer sur le rôle d’une activité commerciale dans la société (et c’ est une association qui le dit…)

Notre position

Monsieur F. nous a envoyé un email hier en nous demandant quelles étaient nos sources de financement et à demi-mot : quels intérêts défendons-nous et pour quel lobby travaillons- nous ?

Libertic est une association de loi 1901 animée par des bénévoles. Nous n’avons pas de salariés mais nous espérons créer un emploi en 2011.

Nous avons fonctionné sur un budget de 5 000€ en 2010. 80% de ce budget a servi à financer l’animation d’un collectif d’acteurs du numérique social, la création de leurs supports de communication, la duplication de CD de logiciels libres, etc 20% ont été consacrés à nos déplacements aux conférences Opendata.

Effectivement Libertic ne fait pas uniquement de l’Opendata mais nous ne parlons que de cette thématique sur ce blog, voilà pourquoi certains d’entre-vous étiez peut-être passés à côté. Mais si vous pensez toujours que notre objet est de défendre des intérêts privés, la description de nos activités annexes risque de vous surprendre.

Nous précisons également que si cet article s’est basé sur des arguments exclusivement financiers (alors que l’Opendata comporte évidemment un volet social), c’est tout simplement parce qu’il s’agissait de répondre à une question financière. Mais notre action au quotidien reste globale.

Aujourd’hui Libertic fédère plus d’une centaines d’acteurs et sympathisants de l’Opendata, des citoyens, des développeurs, des entreprises, des associations, des écoles… (rassurez-vous, notre prochaine version de site internet vous permettra d’adhérer facilement)

Nous sommes issus de l’économie sociale et solidaire et c’est d’ailleurs ce service de Nantes Métropole qui nous a financé sur un appel à projets. Nous sommes tombés assez tôt et un peu par erreur sur le Mouvement Opendata qui nous a passionnés parce qu’il touche tous les acteurs du territoire, parce qu’il est riche de promesses sociales et économiques et parce qu’il représente un changement de paradigmes. C’est ce mouvement là, dans sa globalité, que nous soutenons par nos actions en défendant l’intérêt de toutes les parties prenantes et en incitant notre territoire à s’engager dans ce mouvement d’envergure qui est en marche.

Le Sputnik Moment

Henri Verdier a publié un article dans lequel il rappelle que le Mouvement Opendata a été lancé aux Etats-Unis par Barack Obama à partir de son discours du Sputnik Moment.

Le "Sputnik Moment", c’est ce moment où l’Amérique de Kennedy (sic) traumatisée par le premier succès spatial soviétique, décida de lancer à son tour un vaste programme spatial, avec la création notamment de la NASA et l’enclenchement d’une course aux étoiles qui allait culminer avec la conquête de la Lune. Mais ce Sputnik Moment allait également inaugurer un cycle d’innovation sans précédent, à l’origine, entre autres, du développement accéléré de la Silicon Valley.

Cet investissement dans les sciences a généré la création de nouveaux matériaux, de nouvelles techniques, de nouvelles technologies, de nouvelles pratiques, dont ont tire encore des découvertes et de nouvelles applications 40 ans plus tard.

A l’heure actuelle, nous sommes dans un nouveau moment Sputnik.

Nous entrons dans l’ère des données, du web 3.0, de la sémantique. Des services, des techniques, des usages autour des données sont à découvrir dont nous avons encore peine à imaginer la nature et l’ampleur ainsi que les répercussions sur nos modes de vie des quarante prochaines années.

Bien sûr des questions restent en suspens, bien sûr que le tableau n’est pas idyllique mais avançons déjà et gardons ces objectifs en tête pour lancer des initiatives ambitieuses.

Ne ratons pas ce tournant et levons les freins financiers. Pour mettre toutes les chances de notre côté, les licences gratuites y compris à des fins commerciales s’imposent.


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Le Premier Ministre François Fillon a officialisé la création d’Etalab, une mission interministérielle qui aura en charge la création d’une plateforme nationale de mise à disposition des données publiques de l’Etat.

"Le principe est de permettre un accès aux données brutes, il n’y a pas d’éditorialisation ou de communication du gouvernement sur ce portail. Il s’agit d’un site permettant l’accès et l’utilisation des informations publiques dans un souci de transparence."

Tous les types de données publiques sont visés a priori, depuis les informations de géolocalisation jusqu’aux budgets votés.

 

Cette démarche est formalisée par un décret du 21 février qui nomme Séverin Naudet à la direction de l’équipe qui aura pour objectif de rattacher la France au groupe des Datagov. La plateforme nationale, dont on pourrait envisager le lancement fin 2011, sera d’ailleurs hébergée sous une joyeuse appellation franco-saxonne à l’adresse « data.gouv.fr ».

Ce projet attendu de longue date avait déjà été évoqué dans notre article sur le rapport Riester et nous avions fini par le nommer « l’arlésienne » tellement on en entendait parler, tellement il ne se passait rien. C’est donc une bonne nouvelle et les annonces officielles apportent quelques réponses à ces questions datant de l’année dernière. Quatre points sont à noter:

1. Une appellation qui pourrait faire référence

L’initiative d’Etalab est intéressante car elle va sans doute servir de base de développement aux prochaines plateformes et constitue donc un moyen d’harmoniser les pratiques.

Puisque Etalab a choisi le domaine data.gouv.fr, doit-on envisager des futurs noms de domaines type : data.ville.fr ? Ce qui arrangerait data.rennes mais risque d’ennuyer opendataparis.

2. L’administration créatrice de services

Etalab [...] développera de nouveaux services en ligne

On en revient à la question débattue à Capcom entre Rennes et Regardscitoyens : L’administration a t-elle pour rôle de créer des services ou de faciliter un contexte de création externalisée ? Quels types de services relèvent de la responsabilité de l’administration ?

3. L’accueil des données des collectivités

Le décret nous apprend à l’article 2 que les collectivités pourront utiliser cette plateforme nationale pour y héberger leurs données.

Les exemples étrangers semblent pourtant justifier de la pertinence du système de répartition par niveau: données locales sur les plateformes locales, données nationales sur les plateformes nationales. Chaque possesseur de données gère sa propre plateforme ce qui facilite grandement la lisibilité.

Cette option destinée aux collectivités est-elle prévue pour faciliter leur passage vers l’opendata ? Pour leur éviter d’avoir à investir dans la création d’une plateforme ? Cependant d’autres initiatives nationales existent déjà pour héberger leurs données (nosdonnees ou data-publica) ou pour réutiliser des modèles de plateformes existantes et limiter ainsi les investissements de chacunes.

D’ailleurs, il est fort possible que les collectivités suivent le même raisonnement que pour la création de leurs sites internet en privilégiant une vitrine personnalisée et l’image forte qui y est associée. Sans compter l’effort sur la valorisation qui peut impliquer notamment l’animation d’une communauté, or difficile d’avoir un accès clair et une identité forte si les données locales sont noyées dans l’amas national.

Mais comme indiqué dans le décret, cet hébergement n’est qu’une possibilité en option.

4. L’absence de positionnement sur les licences

Etalab ne se positionne pas clairement sur la question des réutilisations commerciales: payant ou pas ? Le communiqué de presse indique qu’il y aura un « accès libre » aux données.  D’où notre question : « libre » as in free speech or as in free beer ?

Si les anglophones n’ont qu’un même mot pour dire « libre » et « gratuit »,  la langue française est riche du mot « gratuité », il est donc étonnant (ou pas?) de constater que le terme n’a pas été énoncé. Et encore là, il n’était question que d’accès, pas de réutilisation…

Mais certains acteurs semblent très au fait sur le positionnement d’Etalab,  Tel ce site de consulting qui indique :

« Etalab, la référence de l’opendata en France […] un site unique regroupant la totalité des données publiques disponibles et accessibles sous conditions aux “acteurs privés”. Ainsi l’État valorisera les données dont il dispose à travers la plateforme Etalab moyennant une redevance. »

Et de proposer leurs services aux collectivités pour organiser la vente de leurs données «la réutilisation pouvant parfaitement donner lieu à redevance »

Il faudrait quand même préciser à leurs futurs vict. clients que la loi n’autorise la vente qu’à hauteur du coût de mise à disposition de la donnée.

Avec ce genre de discours, il serait bon qu’Etalab précise son positionnement sur les licences. Le flou actuel a t-il pour objectif d’éviter les débats sur une question qui n’est pas encore tranchée en interne ? Ou doit-on y voir une réelle volonté de monnayer la réutilisation commerciale des données ?

PS : On attend également le correctif officiel de Nantes quant aux licences d’utilisation de leurs données. A notre connaissance rien n’est paru depuis que nous avons relayé leur message de malentendu mais si la voix officielle c’était libertic, nous indiquons que nous n’acceptons pas une rémunération sous forme d’intéressement sur les futures ventes de données :)

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Mardi dernier, nous avions donné rendez-vous aux acteurs nantais intéressés par l’opendata pour célébrer l’annonce de l’ouverture des données publiques de Nantes autour d’un verre au Lieu Unique.

Cette soirée a été l’occasion de croiser les fidèles, de rencontrer de nouveaux volontaires qui viennent gonfler les rangs et de découvrir des projets en cours de développement sur le territoire.

Lors du petit discours de célébration, nous indiquions que la ville avait bien compris les enjeux de l’opendata et l’intérêt d’y aller. Qu’elle était en train de mettre en place les moyens de coordonner l’ouverture et que leurs actions étaient très rapides puisque l’équipe est en cours de constitution et qu’une première réunion du groupe de travail doit avoir lieu la semaine prochaine.

Cela signifie bien qu’il ne s’agit pas d’un simple effet d’annonce et que le processus est en marche. Bravo Nantes !

 

Nous indiquions également ceci :

L’objet de la création d’une plateforme de données publiques est de répondre aux besoins des acteurs du territoire. Il nous paraît donc indispensable d’intégrer les avis et suggestions de ces acteurs dans le processus d’ouverture et de faire remonter ces besoins au comité de pilotage afin qu’ils puissent être pris en compte.

Les acteurs : associations, citoyens, entreprises, écoles sont en demande d’un processus participatif dans l’ouverture et cela a été confirmé une fois de plus lors de la soirée. Leurs savoir-faire et leurs connaissances permettent d’apporter des réponses aux problématiques de l’opendata. De plus, il y a des projets actuellement en cours qui pourraient intégrer l’opendata dans leurs développements mais ils ne peuvent pas attendre 8 mois avant d’avoir de la visibilité. Il serait dommage de se priver de ce potentiel de valorisation des données.

Nous proposons donc à la ville de Nantes de mettre en place un processus participatif d’ouverture.

Des réunions régulières avec les acteurs réunis en groupes thématiques par filière leur permettraient d’avoir de la visibilité sur les avancées mais également de proposer des solutions aux problématiques que rencontrera immanquablement le comité de pilotage.

Cette animation permettrait également de soutenir les projets de valorisation grâce à de la mise en réseau et des échanges de pratique. Le tout contribuerait à un dialogue et une participation accrue entre collectivité et acteurs du territoire.

Cette proposition peut être déstabilisante puisque ce n’est pas dans les pratiques habituelles de l’administration de travailler en mode de coproduction et qu’en plus cela signifie un investissement financier sur l’animation des acteurs ce qui n’était sans doute pas pris en compte dans l’évaluation budgetaire du programme. Nous sommes donc conscients des freins liés à cette demande. Etant cependant convaincus des bénéfices d’une telle approche pour augmenter l’efficacité du programme, nous souhaitions envoyer un message d’amour à nos élus pour leur indiquer que les acteurs sont présents, qu’ils les soutiennent dans leurs démarches et sont déjà très impressionnés par la rapidité des actions entreprises, qu’ils sont prêts à les appuyer dans leurs efforts, à répondre à leurs problématiques et qu’ils souhaitent apporter leur contribution à ce projet formidable.

 

Mardi soir, les serveurs du Lieu Unique ont donc assisté à une scène incongrue : des hommes arboraient un magnifique rouge à lèvre carmin et s’agenouillaient pour embrasser le sol.

L’objectif, remettre à nos élus une affiche de bisous pour leur déclarer notre amour de l’opendata et des démarches qu’ils entreprennent à ce titre. Des bisous pour démontrer que les acteurs sont prêts à contribuer à ce projet dans un esprit participatif et que, élus comme acteurs, nous souhaitons tous faire de ce projet une réussite pour le territoire. Ce poster de bisous sera remis au groupe de travail sur l’opendata.



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MAJ: La V3 de la carte de France de l’ open data est disponible sur ce lien et en licence cc-by. Vous pouvez continuer à remonter les informations en commentaire de cet article. Merci de votre participation !

 

Dans la foulée de l’annonce de Jean Marc Ayrault sur l’ouverture des données publiques de Nantes, nous avions mis en ligne une mise à jour de notre carte sur l’ouverture des données publiques en France. Elle présente les villes, départements, régions et mouvement citoyens qui visent ou ont accompli l’ouverture des données publiques en France.

Loin d’être exhaustive, la première version de cette carte se basait déjà sur les informations que nous collections via nos rencontres avec le réseau opendata en France et les annonces repérées dans notre veille. N’étaient donc pas répertoriées les initiatives internes ou individuelles qui ne nous avaient pas été remontées.

La seconde version n’est pas plus exhaustive. Elle se base toujours sur les informations en notre possession au moment de la publication. Cependant, cette carte avait été réalisée dans un but précis : démontrer aux élus nantais que le mouvement était en marche en France et que d’autres se lançaient déjà.

Nous avons donc essayé de cibler les programmes politiques et citoyens de mise en œuvre d’un programme global d’ouverture de données publiques. Voilà pourquoi les initiatives d’ouvertures cartographiques de Brest et Plouarzel, précurseurs dans leur domaine, n’apparaissaient plus puisque (toujours à notre connaissance), ces villes ne sont pas engagées dans l’ouverture du reste de leurs données.

Aussi, s’il s’agissait de recenser les mises à disposition ouvertes de données et informations, nous devrions également mentionner toutes les collectivités qui mettent le contenu de leurs pages web sous Creative Commons. Vous l’aurez compris, la carte deviendrait vite surchargée et illisible tandis que la nouvelle version paraît assez claire.

Depuis la diffusion de cette carte, plusieurs internautes nous ont interpellé sur la présence ou non de certaines collectivités et de certains mouvements citoyens.

Je vous propose donc de tenter d’améliorer cette carte afin d’améliorer son acuité et de définir ensemble une méthodologie qui pourrait être plus appropriée. Aussi, n’hésitez pas à formuler des propositions et remonter les actions des acteurs qui ne seraient pas représentés sur la carte actuelle.

Voici notre proposition à partir de laquelle vous pourrez réagir

Postulat : Un programme d’ouverture des données publiques est engagé lorsqu’une une décision politique est prise en faveur de l’ouverture d’une liste transversale de données brutes à publier sur une plateforme.

Quatre étapes sont identifiées

  • Ouverture envisagée

Démarches entreprises en interne pour aller dans le sens de l’ouverture, sans qu’il n’y ait eu encore d’annonce officielle (participer au réunions d’information, commencer à cataloguer les données)

  • Ouverture en cours

Engagement public pris par les représentants de la collectivité (annonce, discours, mise en place d’une « procédure » d’ouverture)

  • Ouverture effectuée

Plateforme de données déjà en ligne

  • Mouvement citoyen

Mouvement citoyen (sollicitation des élus, organisation d’évènements, visibilité publique et en ligne qui s’affiche dans la continuité)

Les conditions de présence sur la carte

Que les sources de ces informations soient visibles et publiées en ligne afin de pouvoir rediriger vers chacune des initiatives et crédibiliser les sources.

Les critères ne vous semblent pas adéquats ? Vous avez des suggestions ? Certaines de vos actions ne sont pas répertoriées ? Grâce à vos contributions, nous pourrons tenter d’améliorer la méthodologie afin de mettre cette carte à jour. :)

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Fireworks #1 cc by nc sa Par Camera Slayer

Le Jeudi 3 février 2011, Jean-Marc Ayrault, Député-Maire de Nantes et Président de Nantes Métropole a annoncé à l’occasion de l’inauguration de la Cantine Numérique nantaise que Nantes se lancait dans l’opendata ! Cette déclaration met fin à 9 mois de mobilisation de l’association libertic pour obtenir cet engagement et répond aux 200 signataires de la pétition en faveur de l’ouverture des données publiques sur Nantes.

Le lendemain, un communiqué de presse précisait les points suivants :

  • Ce sont bien les données à la fois de la ville et de la métropole qui vont être ouvertes
  • La thématique des données qui seraient libérées: mobilité et environnement dans le cadre de Nantes Capitale Verte 2013
  • Objectif temps annoncé: les applications pour fin 2011

Exemple des données qui pourraient être disponibles: calcul de l’emprunte CO2, infotrafic en temps réel, qualité de l’air. Les données culturelles pourraient également être intégrées (sorties, parcours, voyages).

Il est bien précisé que cette liste n’est ni arrêtée ni exhaustive. Aussi, à notre connaissance, aucun état des lieux de ces données n’a été effectué à ce jour (licence, format, qualité, intérêt pour la valorisation, etc).

Sinon on apprend également que l’on serait convié au groupe de travail et que ce programme d’ouverture semble associé à la création d’une plateforme d’e-démarches destinée à simplifier l’usage des services municipaux en ligne.

Avec l’ouverture, c’est une véritable révolution culturelle qui est en train de prendre forme sur le territoire, et ce grâce aux nantais qui se sont investis dans cette démarche.

INVITATION

En attendant la publication de notre prochain article en hommage à cette mobilisation: "Comment les nantais ont obtenu l’ouverture de leurs données publiques", nous souhaitons  déjà lancer une invitation pour célébrer cette annonce avec toutes celles et ceux qui y ont contribué, de près ou de loin:

- les internautes qui ont signé la pétition en ligne

- les citoyens qui l’ont signée dans la rue

- les volontaires qui tenaient les stylos

- les journalistes qui ont relayé l’information

- les organisations qui ont milité à nos cotés

- celles qui nous ont fourni connexion internet, locaux, café, beaucoup de café

- l’entourage que l’on bassine avec l’opendata depuis… trop longtemps à leur goût

- les institutionnels et les élus qui ont permis d’obtenir cette décision politique

- les développeurs et autres personnes intéressées pour peser dans les décisions qui vont suivre car le chemin continue

- et enfin toutes celles et ceux que nous ne connaissons pas encore mais puisque vous lisez cette page, sachez qu’on vous attend !

 

Le mardi 15 février, à 19h au Lieu Unique pour fêter l’annonce tous ensemble !

 

Et comme on ne s’en lasse pas, une seconde vidéo de Monsieur Ayrault désormais totalemement investi par les vibrations de l’opendata à l’adresse suivante :)

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Et de deux ! Après Rennes, la ville de Paris a lancé sa plateforme de données publiques  Opendata.paris.fr le 27 janvier.

Avec cette plateforme, c’est toute la France qui découvre désormais l’opendata. L’annonce reprise dans les media nationaux confère au mouvement une large visibilité et une assise nationale. On sort du cadre expérimental rennais, l’ouverture devient un courant national.

LA PLATFORME PARISIENNE

L’objectif affiché par la Ville de Paris :

  • les chercheurs peuvent y trouver matière à nourrir leurs travaux et expériences
  • les développeurs peuvent créer des services innovants utilisant ces données
  • les citoyens et journalistes y trouvent des informations brutes
  • les entreprises peuvent fournir une valeur ajoutée à ces données, et ainsi créer de l’emploi et de la richesse pour la collectivité

C’est dans cet esprit d’innovation ouverte que le Conseil de Paris avait voté la délibération du 14 décembre 2010 et validé l’ouverture.

La licence

Paris est la première ville en France à adopter la licence OdbL, licence libre et internationale permettant une réutilisation gratuite des données, y compris à des fins commerciales.

Les contreparties :

  • Licence valable pour un an
  • Obligation de citer la source des données
  • Obligation de redistribuer sous la même licence, donc gratuitement

Il s’agit d’un équivalent de la licence Créative Commons by-sa, adaptée aux bases de données. Les entreprises qui ne souhaiteraient pas se soumettre à cette condition de partage à l’identique pourront souscrire une licence payante non-exclusive.

A noter que la version initiale de la licence parisienne n’autorisait pas la réutilisation commerciale gratuite des données (voir les délibération des 7 et 8 juin 2010) mais grâce au concours de Regards Citoyens et Veni Vidi Libri,  la ville s’est finalement prononcée pour l’adaptation de l’ODbl en droit français.


Les données

Le site permet d’accéder à 19 bases de données publiques classées sous 6 thématiques :

  • Citoyenneté : résultats d’élection, cartes des bureaux de vote, cartes électorales, décès, mariages, naissances, répertoire des prénoms déclarés
  • Urbanisme : fonds de cartes des plans de voirie, tracés des routes, description des trottoirs
  • Déplacements : nomenclature des voies
  • Services : liste des établissements scolaires, les écoles maternelles et élémentaires, les crèches, les halte-garderies, les piscines

  • Environnement : liste des parcs et jardins, carte des arbres d’alignement, bâtiments référentiels de la flore
  • Culture : listes d’ouvrages, notices des œuvres de fonds des musées, statistiques des prêts dans les bibliothèques en 2010

Paris a donc opté pour du melting-data et de nombreux jeux de données viendront s’ajouter à ce catalogue dans les semaines et mois qui viennent, au fur et à mesure des contributions des services municipaux. A noter que certaines données sont déjà plus vivement plebiscitées que d’autres :

  • Liste des prénoms donnés à la naissance (2000 téléchargements)
  • Liste des batis (1000 téléchargements)
  • Liste des parcs et jardins (900 téléchargements)
  • Prêts dans les bibliothèque (800 téléchargements)

Au vue des thématiques, nous pourrions imaginer trois catégories de visionneurs: les développeurs dont forte communauté SIG, les archivistes et les néophytes qui se rabattaient sur des données plus compréhensibles ?

Photograĥie fournie par M. Jacques Cesbron de Cap Fifty

Les formats

  • .CSV
  • .XLS
  • .ICAL
  • .XML
  • .RTF
  • .ODT

Mais également : .ESRI, .KML, .Z3950, .TXT, .RSS, .PDF, RASTER TIFF, .REST et .ODS.

Certaines de ces données sont donc téléchargeables dans des formats informatiques courants, propriétaires (XLS pour les tableurs) ou ouverts (ODS, ODT, etc.), tandis que d’autres ne peuvent être lues qu’avec un logiciel spécialisé. Exemples: cartes et données spatiales.

Fiche d’informations et forum

Sur la fiche d’informations des données, on trouve le nombre de téléchargements effectués, les appréciations laissées par les internautes et la date de l’enregistrement. Les données sont classées grâce à un système de mots clefs, téléchargeables en quelques clics, sous réserve de l’acceptation de la licence, Le forum est une remontée de questions et contributions des internautes. Principe très efficace et utile à l’amélioration continue du site.

Les usages

Originalité de cette ouverture parisienne, les visualisations apparues dès les premiers jours du lancement. Bluenove et Mapize ont en effet mis à disposition des internautes une illustration de la valeur apportée par un travail de visualisation sur ces données publiques.

- Leur carte affiche la répartition géographique par arrondissement des différents types d’actes civils réalisés par la mairie de Paris durant l’année en cours.

- Voir également la carte des arbres de la ville.

Autre travail d’interprétation sur la liste des prénoms déclarés à l’état-civil. Un bloggeur a créé ce wordle reflétant la popularité des prénoms parisiens.

Ses commentaires :

« Le prénom préféré des parents parisiens est Gabriel sur ces 7 dernières années. Le prénom Nicolas subit un certain recul, la question est de savoir si cette courbe suit la cote de popularité du chef de l’état… »

Réaction d’un(e) internaute

clem 3 février 2011

le graphique en haut de la page http://paris.mapize.com/ est amusant car on y voit :
- l’effet fiscal sur la fréquence des mariages dans l’année : plus de mariages en juin.
- L’effet attractif des équipements de santé de Paris, où il y a plus de naissances que de reconnaissances (faites sûrement ailleurs)

La suite du commentaire de « Clem » est plus critique mais très pertinent car il (elle?) identifie les limites de la « valorisation spontanée » et les erreurs d’interprétation liées à la data-visualisation. A lire ici.

"Le reste des cartes et des graphiques n’échappe pas à l’écueil désormais classique de la néo-cartographie sur le net, depuis l’essor de GoogleMaps : des cartes jolies, bien réalisées, mais qui n’apprennent rien. Faute de représenter des informations pertinentes pour renseigner réellement le lecteur, ces cartes cartographient pour cartographier : on peut le faire, alors on le fait."

En bref

Il ne s’agit pour l’instant que d’un site éditorial en beta qui regroupe des fichiers sans mise à disposition d’API ni interrogations pour une mise à jour en temps-réel. On attend donc les traitements automatisés et l’alimentation du catalogue en données riches qui devraient suivre ?

Malgré certains aspects relevés (limites de la datavizualisation, fautes d’orthographes sur le site), les commentaires sont plutôt encourageants et les internautes félicitent Paris pour cette démarche "qu’elle n existe nulle part ailleurs en France".

De plus, la plateforme Opendata.Paris a un design soigné, la navigation est très agréable et intuitive y compris pour les non-initiés. On pense enfin aux usagers ! Bravo Paris!

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