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Archives de septembre 2011

 

Le Conseil Général de Saône et Loire s’apprête à ouvrir son portail de données publiques.

Nous avions assisté mardi à une présentation rassemblant journalistes, quelques acteurs de l’open data, l’équipe du CG71 et Arnaud Montebourg en qualité de Président du Conseil Général de Saône et Loire afin de découvrir leur démarche.

En voici un résumé et quelques réflexions autour de ce projet qui pourrait bien changer l’approche de l’ouverture des données publiques en France, malgré les limites identifiées.

 

 

Préambule

Arnaud Montebourg a d’abord expliqué sa position sur l’open data, avec une maîtrise du sujet rarement observée chez un élu. Le discours politique était notamment axé sur l’idée de transparence, de lutte contre la corruption et de démocratie participative.

Si la population est mal informée, les dirigeants ne sont plus des chefs mais des maîtres.

Il est revenu sur le contexte du CG Saône et Loire et de son état de quasi faillite à son arrivée au Conseil Général. Au vu de cette expérience, il lui paraissait fondamental d’ouvrir les données publiques pour rendre compte des actions engagées, profiter des retours pour mieux gérer l’argent public et contribuer à rendre le service public plus efficace et transparent. Dans une tirade sur l’attente croissante en matière de transparence, Arnaud Montebourg a lancé :

Il y a eu la révolution arabe grace à wikileaks, il y aura la 6e république grâce à l’open data

Le volet développement économique a également été mis en avant avec l’idée d’impulser l’innovation et une nouvelle ère numérique au sein du service public. Le volet innovation est ainsi largement présent avec l’ouverture de données touristiques, une partie archives et patrimoine artistique, les données sur la mobilité et le transport, l’environnement, gestion des déchets, bio-diversité, eau, agriculture, sports, routes, etc.

 

La démarche

Le 30 septembre 2011, l’ensemble des données publiques détenues par le Conseil Général de Saône- et-Loire sera accessible à tous sur le site Internet www.opendata71.fr.

Après Paris et le CG33, le CG71 sera donc le 3eme département à ouvrir ses données. Cependant, la volonté politique associée à cette ouverture lui confère une envergure bien supérieure à toutes les démarches précédentes, et voici pourquoi.

Extrait du dossier de presse téléchargeable ici

En France, l’agglomération de Rennes a lancé en 2010 le premier entrepôt de données publiques géolocalisées. Elle a été rejointe par Paris et d’autres agglomérations françaises (Montpellier, Nantes (sic)) ainsi que par l’État français avec le projet ETALAB. Ces expériences restent aujourd’hui assez «timides » aussi bien en termes de volume que de types de données.

La réponse du CG71 ? Une ouverture massive de données ! Y compris sur des thématiques jusque-là soigneusement évitées par leurs prédécesseurs.

 

Une ouverture totale

Le CG71 a décidé de publier toutes les données publiables dans le cadre de la loi, dont :

  • Les finances publiques avec arriéré de 10 ans
  • Les prestataires sur les marchés publics
  • La liste d’attribution des subventions
  • Les dépenses de l’administration
  • Les dettes et créances

Le CG71 est prêt à rendre compte de chacune de ses actions et dépenses. L’ambition est clairement affichée : lancer un mouvement de transparence sur la gestion publique en France. Une volonté politique inédite en la matière et qui devrait créer un précédant. Désormais si les autres collectivités ne sont pas transparentes sur ces sujets, à commencer par celles engagées dans l’open data, les citoyens seront en mesure de demander des comptes à leurs élus: pourquoi les citoyens de Saône et Loire ont accès aux comptes publiques et pas nous ?

A ce jour, seule la ville de Rennes a publié son budget en format ouvert. Et encore a-t-il fallu attendre un an d’open data pour voir apparaître ce fichier, alors que les données budgétaires sont déjà toutes largement diffusées en ligne sous format PDF. Cette volonté de simplification d’accès et de transparence est une validation (ou un blocage) purement politique. Or si les élus semblent prêts à développer le volet innovation de l’open data en mettant à disposition les horaires de bus ou les cartographies, le volet démocratique de l’open data n’avait jusque là jamais été développé en France. Les applications oui, le nez des citoyens dans la gestion des comptes… non.

Etant nous même partisans d’une vision globale de l’ouverture des données, avec ses volets innovation, démocratie et modernisation des services publics, cette ouverture est particulièrement enthousiasmante car elle élargit le cadre de l’open data jusque là bien trop restrictif.

Dommage cependant que malgré cette détermination politique le reste de la démarche du CG71 ne se prolonge pas dans les règles de l’art.

 

Fiche technique de la plateforme

  • Le service: Azure (Microsoft)
  • Le prestataire : Cap’tain Dash
  • Le budget sur le projet : 60 000€
  • Les formats : XLS, PDF, ZIP, XML, HTML, SQL, DBF, SHP, SHX, etc
  • La licence : APIE V2

 

XLS? PDF? ZIP ? Des formats à étouffer un aficionado open data

Pour rappel, une démarche open data n’est pas une simple démarche de publication de données en ligne. Si tel était le cas, la carte de France de l’open data serait remplacée par une carte de France. Mais une démarche open data suit des principes et affiche notamment des standards ouverts. Si les fichiers .xls sont utilisés pour faciliter l’usage, c’est en complément de formats non-propriétaires afin de respecter les principes du mouvement mondial dans lequel on s’inscrit.

Bruno Walther de Cap’tain Dash, prestataire de la plateforme, a expliqué durant la présentation que dans la classification de Berners Lee de une à cinq étoiles « les données libérées par le CG71 relèvent toutes du cinq étoiles ». En réalité, pour atteindre ne serait-ce que la troisième étoile il faut déjà publier sous des formats non-propriétaires.

 

Licence APIE V2 ? Un revival ?

Paris, Nantes, le CG33, l’Aquitaine, le Nord Pas de Calais et Toulouse ont opté pour l’ODbL qui semblait plus appropriée en attendant, pour certains, qu’Etalab définisse une licence qui pourrait devenir standard. Le CG71 a indiqué avoir choisi cette licence car c’était "une licence d’état rassurante" mais rien n’empêche une évolution.

 

Azure de Microsoft ?

Le CG71 est (a priori?) le premier acteur français à passer ses données publiques dans les nuages et à utiliser ce service Microsoft. Si la démarche du Cloud a été hautement impulsée aux Etats-Unis notamment pour des questions d’économies, des réflexions sont en cours sur le sujet en France. L’Etat souhaite en effet créer une entreprise Cloud entièrement française pour éviter que les données locales, celles des administrations publiques et des champions industriels français, soient hébergées par des sociétés étrangères. Tout un écosystème d’innovation et de services étant sensé se développer à terme autour de la réutilisation de ces données, quid de leur sécurité dans les nuages? Quid de l’écosystème des structures françaises si ces services devaient être défaillants demain ?

Peut-être un premier débat à porter par le comité éthique du CG71 ? (voir descriptif ci-bas)

Ces choix techniques semblent refléter un manque d’acculturation du CG71 au mouvement open data. Ce qui s’explique sans doute par un impératif (tenu) d’ouverture en temps record. Mais l’équipe a ainsi été absente des rencontres autour de cette thématique tandis que les collectivités impliquées privilégient la collaboration et les échanges, cela aurait pu leur permettre d’éviter quelques écueils. D’autant plus dommage que leur service en ligne semble très attractif.

 

Fonctionnalités

Pour en revenir à la plateforme, qui est assez impressionnante en terme de fonctionnalités et qui vaut le détour, vous y trouverez deux entrées pour accéder aux données selon le statut ou besoin : citoyen ou professionnel.

L’accès « citoyen » permet de visualiser l’ensemble des catégories de données disponibles sous forme de carte ou de graphique (courbe, diagramme). Il suffit de cliquer sur la catégorie de données qui vous intéresse et de la déposer sur l’icône correspondant au graphique désiré. Il est possible d’ affiner la recherche ou d’effectuer des comparaisons par date, par lieu, ou par sous-rubrique.

L’accès « professionnel » : permet aux développeurs d’accéder aux fichiers sources et de les télécharger. Il accueille également la documentation nécessaire à l’utilisation des API du CG71 et la plateforme est bien fournie en la matière.

On y trouvera donc dès demain toutes les données du CG71 et voici une démo de l’outil.

 

 

On a demandé

 

- Avec une ouverture massive de données, ne risque t on pas de constater un essoufflement anticipé de l’intérêt autour de ce projet d’ouverture ? On constate souvent à l’étranger une ouverture progressive et par thématique pour laisser le temps aux communautés d’assimiler les données.

Pierre-Paul Penillard, chef de projet Open Data du CG71 a indiqué qu’il y aurait un concours d’applications associé au projet pour développer des services. Le lancement du concours puis l’alimentation de la plateforme avec les données d’organismes extérieurs auront pour objectif d’assurer la pérennité de la dynamique.

Le concours d’applications doté de 20 000€ sera lancé le 1er Octobre (clôture vers février) pour soutenir le développement de services web, téléphone mobile et autres.

 

- Le CG Saône et Loire envisage-t-il la mise en place de systèmes et outils relevant de la gouvernance ouverte ?

Arnaud Montebourg a indiqué qu’il ne connaissait pas ce terme mais que la démarche qui suivra sera sans doute en lien avec les outils de démocratie participative déjà développés dans le cadre du programme Syrius du CG71.

Il nous a semblé surprenant, au vu de la maîtrise apparente du sujet par Arnaud Montebourg, qu’il ignore le cadre d’origine des premières démarches nationales d’ouverture de données publiques, d’autant que le volet « modernisation des services publics » est bien indiqué dans la présentation du CG71. Cependant il s’agit bien là d’une spécificité française: la dissociation de l’open data de son cadre global de développement (adapter le service public aux attentes et outils du 21eme siècle) amputé notamment des notions d’innovation ouverte, de gouvernance et du passage de l’administration au web 2.0, sans lesquels un projet d’ouverture de données publiques semble pourtant difficilement réalisable et pérenne.

 

- Y a t’il des différences entre les programmes d’ouverture de la part d’élus de droite et de gauche ?

Réponse d’Arnaud Montebourg :

Déjà, des ouvertures de données publiques à droite, il n’y en a pas tant que ça ! Ensuite il ne faut pas avoir une vision manichéenne de la politique.

Le seul parti pris politique a donc été la décision d’ouverture, "sacrément couillue" en l’occurrence mais on s’attendait en effet à une vision politique plus tranchée autour de l’Open Data. Si les objectifs sont clairement énoncés: Transparence, Innovation, Mise en ligne des services publics, les collectivités auraient tort de considérer que ces bénéfices arrivent par la simple mise en ligne d’une plateforme et la publication de données. Il s’agit également de reconsidérer le fonctionnement de l’administration, son organisation, ses outils, de la rendre plus ouverte, plus réactive, plus participative. Or cela s’organise et il y a une réelle reflexion politique à développer derrière certains enjeux associés à l’ouverture dont un échantillon :

Quel nouveau modèle pour l’administration du 21eme siècle ? Utilise-t-on l’open data pour désengager le service public dans l’offre de services ou pour renforcer sa légitimité ? Où place-t-on le curseur entre ce qui doit rester public et ce qui peut être privatisé ? Le modèle d’ouverture anglo-saxon doit-il être traduit tel quel en français ?

Sur ces sujets, aucun élu français ne s’est encore positionné.

 

Ce qu’on aime de l’ open data version CG71


L’approche citoyenne :

Avec un outil innovant, le Département de Saône- et-Loire est la seule collectivité territoriale à permettre au citoyens de manipuler des données numériques complexes, sans aucune connaissance informatique, avec le souci de garantir la compréhension de ses politiques publiques grâce à des outils intégrés de visualisation.

 

La création d’un comité d’éthique :

Il a une fonction d’accompagnement à l’ouverture et émet un avis et/ou une recommandation sur la nature des fichiers publics et s’assure de leur protection. Il est constitué de cinq membres dont un journaliste, un représentant d’association de consommateur, de l’INSEE, une magistrate et un professeur de philosophie qui peuvent être saisis par la population.

 

La volonté politique :

Atout indispensable d’un programme d’ouverture ambitieux. Pour le coup toutes les données seront disponibles dès l’ouverture (selon l’annonce) et le CG71 est dans l’attente d’échanges avec la population sur ce sujet. Arnaud Montebourg contribue à remonter le débat au niveau politique.

Le programme PS devra évidemment être amendé par le candidat mais si j’étais candidat, je pense que l’open data devrait être une obligation.

 

Les applications déjà créées :

Visualisation des subventions départementales : visualiser toutes les subventions versées par le Conseil général, par type de budget, par thème et par commune pour chaque année depuis 2004.

Arrêts des bus scolaires : trouver le point d’arrêts des bus scolaires les plus proches, leur localisation exacte ainsi que leur photo, en sélectionnant une commune.

 

Ce que l’on regrette

L’approche technique qui sort du cadre des fondements même de l’open data

 

Note:

Cet article se base sur la présentation et démo du CG71. Nous n’avons pas pu tester la plateforme ni constater la réalité de la publication effective des données annoncées qui devraient être directement en ligne.

 

Le portail www.opendata71.fr sera lancé le 30 septembre à Mâcon en présence d’Arnaud Montebourg et Gilles Babinet, président du Conseil National du Numérique (CNN) et co-fondateur de Cap’tain Dash.

 

Explications de la démarche par Pierre Martinerie, Vice-président du Conseil général chargé du développement durable, de la démocratie participative et du projet stratégique pour la Saône-et-Loire

 

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Dans le cadre de ses actions de promotion de l’ouverture des données, l’association Libertic a été menée à présenter l’Open Data auprès de publics divers et variés: développeurs, élus, agents publics mais également associations, citoyens, seniors … Or ces derniers ont déjà eu l’occasion de lire quelques articles sur l’ouverture des données publiques et en ont souvent tiré une mauvaise interprétation, imaginant que les collectivités allaient mettre leurs données personnelles à disposition de tous !

Le constat :

Les campagnes de communication autour des initiatives d’ouverture se multiplient, les citoyens commencent à entendre parler d’ouverture de données publiques mais il n’existe aucun support pédagogique francophone qui en explique brièvement les principes.

Pour y pallier, nous avons décidé de financer un court film d’animation et fidèles à nos pratiques collaboratives, nous proposons aux internautes de co-rédiger le scenario.

Les Principes

Objectif:

Il s’agit de présenter les principes de l’open data, de manière générale, afin que cet outil puisse être mis à disposition de tous, circule librement sur internet et puisse être utilisé par n’importe quel organisme/structure/personne dans le cadre de la vulgarisation du concept.

La cible:

Les citoyens français. Le message doit être compréhensible par tout un chacun. Imaginons "l’open data expliqué à ma mère".

Ainsi on nous a déjà fait remarquer que "l’ouverture des données numériques publiques" était déjà plus compréhensible que "l’ouverture des données publiques". Il s’agit donc d’adapter le discours et les termes.

Durée:

2 minutes 30 maximum

Format:

Animation texte. Pour exemple plus parlant voir la Video de Massive Good

Licence de mise à disposition du film:

Le producteur cède ses droits et autorise la réutilisation et modification (source du film disponible sur demande). Licence adequate pour ce support à définir ensemble.

Délais:

Remise du scenario au réalisateur, fin septembre. Mise en ligne du film fin octobre.

Les contraintes:

Le temps! Très limité, on ne peut pas tout aborder, il faut rester généraliste

Le vocabulaire! Tentons d’éviter les geekeries

Le format! Pour des raisons budgétaires, le format choisi est une animation texte avec incrustation de visuels, les illustrations potentielles sont donc limitées.

Comment participer à la rédaction du scenario ?

[MAJ nouveau document] Un document collaboratif est disponible ici.  Calqué sur le principe de l’animation suivante.

Vous y trouverez un texte avec des idées de visuels associés aux mots clés.  vos commentaires. (N’oubliez pas de renseigner vos noms pour les remerciements).

Le scenario est partiellement réalisé, histoire de vous inspirer, mais tout est modifiable, à commencer par le titre. Appel particulier aux créatifs, le slogan final reste à trouver!

 

Besoin d’aide ? Contactez nous via twitter @libertic ou par email claire.libertic@gmail.com

Objectif: un premier jet dans 7 jours, le compte à rebours commence !

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Alberto Abella, de Rooter Analysis, vient de publier une étude sur l’Open Data intitulée : Réutilisation de l’information publique et privée en Espagne, une opportunité pour les entreprises et l’emploi.

L’étude est composée de plusieurs chapitres: Les opportunités de l’Open Data, Définition et Contexte, Open Data et Open Government, Chaîne de valeur de l’Open Data , Cadre international et national (Espagne), Approche légale et technique, Analyse SWOT… Au delà de ces fondamentaux qui se basent sur des textes et études qui ont déjà été relayés sur ce blog, ce travail est l’occasion de revenir sur l’état des lieux de l’Open Data en Espagne.

 

Etat des lieux

 

Selon l’étude Mepsir (2006) la réutilisation des données publiques en Espagne représenterait un marché d’environ 2 milliards d’euros et supposerait l’emploi de 45 000 personnes sur ce secteur dans les dix prochaines années. Si l’Espagne ne possède pas encore de droit d’accès à l’information (la rédaction d’une loi est atuellement en cours), l’absence de cadre juridique n’a pas empêché les initiatives locales d’ouverture de données publiques de se développer sous l’impulsion de nombreux acteurs engagés : associations, entreprises, collectivités… et le pays compte aujourd’hui une quinzaine de plate-formes de données.

Parmi celles-ci, les projets de la Catalogne (twitter: @gencat), Barcelone, les Pays Basques avec les projets Irekia et Openideak, et la Navarre avec Gobierno Navarro (@GuzmanGarmendia).

Une plate-forme nationale, www.datos.gob.es , devrait également voir le jour en fin d’année.

 

 

Quelques acteurs du développement de l’Open Data en Espagne

 

Access info Europe : le droit d’accès à l’information

Access Info Europe est une ONG qui travaille à la promotion et protection du droit d’accès à l’information en Europe. Dans ce but, elle a développé différents projets liés à la transparence et suit de près le travail d’élaboration de loi sur le droit d’accès à l’information en Espagne. L’ONG étudie également la relation entre le mouvement Open Data et les pratiques de droits d’accès à l’information.

 

Pro bono publico : les concours d’applications

Pro Bono Publico est une association qui œuvre en faveur de l’ouverture des données publiques et l’usage des nouvelles technologies pour développer la transparence.

L’association a développé et animé les premiers concours d’applications en Espagne (Abre datos). Le premier a permis le développement de 38 applications basées sur les données publiques (voir quelques exemples d’applications ci-bas)

 

Proyecto Aporta: la dynamique ministérielle

Proyecto Aporta est une initiative du Ministère de l’Industrie, du Tourisme et du Commerce qui fait la promotion de la réutilisation des informations publiques.

Actuellement, ils maintiennent un catalogue officiel des sources de données publiques et organisent des rencontres sur la thématique de l’Open Data. Leur site est une source d’informations de qualité sur le sujet en Espagne.

 

Fondation CTIC: l’orientation sémantique

La fondation qui a pour objectif « l’amélioration de la compétitivité managériale à travers la recherche et l’innovation technologique » accompagne les entités privées et publiques dans l’usage des standards et technologies du Web ».

CTIC, en tant que siège du W3C en Espagne a développé l’initiative mondiale du W3C sur le e-gouvernement et participe activement à la normalisation des standards du Web notamment sur les aspects web sémantique où elle a développé une réelle expertise. Elle a ainsi accompagné les Asturies, les Pays Basques et la Catalogne dans l’ouverture de leurs données, avec cette même orientation sémantique.

 

Qualité des initiatives Open Data

 

Au vu de cette dynamique, Alberto Abella indique dans son étude que l’Espagne se situe en seconde position dans les initiatives européennes Open Data, juste après le Royaume-Uni. Cette seconde position espagnole en matière d’Open Data n’est pas seulement attribuable au nombre de plate-formes existantes mais également à la qualité des programmes d’ouverture.

Pour rappel, Tim Berners Lee avait proposé une méthodologie pour leur évaluation, basée sur 5 étoiles:

 

Données accessibles sur le web (sans conditions de formats)

★★ Données accessibles structurées (exemple: Excel au lieu de l’image d’un tableau)

★★★ Formats non-propriétaires (exemple: csv au lieu d’Excel)

★★★★ Usage d’URL pour identifier les données

★★★★★Données liées sémantiquement

 

Une ouverture de qualité maximale doit donc suivre les principes du web sémantique, et plusieurs plate-formes espagnoles correspondent bien à ces normes (aucune en France).

 

 

Un exemple avec le travail de CTIC auprès de Zaragoza:

 

« A travers la création d’une ontologie, ils ont défini un modèle de données qui permettait d’intégrer de façon cohérente l’information disponible dans différentes bases et services web de l’infrastructure existante de la mairie IDEZar.

Grâce à une série d’adaptateurs, les données (sous licence ColorIURIS) se transforment en format RDF et se combinent sur un modèle sémantique. Aussi, la mairie de Zaragoza a mis à disposition un SPARQL endpoint qui permet l’utilisation des données sous langage SPARQL (standard du W3C).

Cette approche sémantique contribue à l’initiative du W3C pour déployer le Web des données et favorise le développement de nouveaux services.

 

Planifica tu Visita: Un Visitante, una Ruta  est un service de la ville rendu possible grâce au Web Semantique. Le service utilise des algorithmes de combinaison sémantique pour sélectionner les points d’intérêts pertinents à chaque profil de touristes et propose un calcul d’itinéraire prenant en compte notamment les lieux, arrêts de bus, et horaires d’ouverture des musées.

Au delà de cette approche technique, la ville a également développé une réelle politique d’ouverture et de présence en ligne avec les comptes Twitter de Zaragoza, Facebook Zaragoza, Youtube Zaragoza, Flickr Zaragoza. »

 

Philosophie « Open »

 

Un chapitre de l’étude d’Alberto Abella est d’ailleurs consacré à la philosophie « Open » de l’Open Data. L’auteur rappelle ainsi que l’Open Data est l’une des facettes des écosystèmes « Open » qui incluent l’open source (partage des codes et travail collaboratif), l’open innovation (mécanisme de collaboration participative), l’open government (gouvernance ouverte axée sur la transparence, participation et collaboration).

 

 

Pour rappel, mettre des données à disposition sous le bon format (volet technique) et sous la bonne licence (volet juridique), ne suffit pas à générer tous les bénéfices attendus de l’Open Data. La démarche doit également s’accompagner d’un volet organisationnel : la mise en place de nouveaux modes de gestion de projets pour les collectivités, de canaux de diffusion en ligne et de participation afin de faciliter les échanges, prendre en compte les retours et coproduire avec les acteurs du territoire. Cette approche est difficilement applicable dans une organisation conventionnelle et requière donc une modernisation des méthodes de travail basées sous la philosophie de l’Open Governement ou Gouvernance Ouverte.

 

Or là aussi, l’Espagne se démarque. Les initiatives de gouvernance ouverte se multiplient, la région de Castille et Leon a notamment publié un guide de gouvernance ouverte, et les partis politiques avaient d’ailleurs largement repris le terme aux dernières élections où plusieurs candidats, de droite et de gauche, mentionnaient des actions en faveur de son développement.

 

Arriba Espana

 

De multiples initiatives espagnoles d’ouverture de données, des acteurs dynamiques, une qualité d’ouverture misant notamment sur le sémantique, des politiques investis dans la gouvernance ouverte… L’Espagne semble en effet bien placée dans le classement européen de l’Open Data.

En France, si le mouvement s’accélère et que les initiatives se multiplient, la qualité et quantité des données disponibles n’est pas encore au rendez-vous, l’axe de la gouvernance ouverte n’apparaît dans aucune déclaration d’intention et nos plate-formes n’atteignent pas les 5 étoiles. Le verre à moitié plein: notre potentiel d’amélioration est très élevé !

 

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Liste de quelques applications espagnoles:


Aqui os quedais: service d’aide à la décision pour choisir son lieu d’habitation selon des critères personnalisés

Euroalert: Service d’alertes et informations sur les annonces publiques

Contaminame: Visualisation de la qualité de l’air aux Canaries

Abre Libros: Service qui permet d’alerter de la disponibilité d’un livre dans les bibliothèques publiques de Madrid

Cadena Alimentaria: Représentation visuelle de l’évolution des prix de l’alimentation

El Disparate: Site de transparence sur les achats et ventes d’armes par région

Infocarretera: Situation du trafic en temps réel

Desenchufatucasa: Recherche d’électrodomestique et véhicules qui permet à l’utilisateur de comparer les prix et la consommation énergétique

Dondevan mis impuestos: Version espagnole de « Wheredoesmymoneygo », visualisation des dépenses de l’administration

Autobuses de Gijon: Application qui permet de connaître en temps réel la position des autobus et arrêts dans la ville de Gijon

El precio de la gasolina: Service qui permet de connaître le prix de l’essence aux stations services

Cómo está el panorama: Visualisation des chiffres sur l’emploi et le chômage en Espagne

Populo: Plateforme de participation et commentaires citoyens sur les textes legislatifs en cours d’élaboration

Abretedatos: Liste et vote sur les applications internationales qui utilisent les données publiques

 

 

 

 

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