Depuis quelques mois, nous proposons aux internautes de remonter les initiatives d’ouverture de données publiques en France directement sur le site opendata-map.org.
Ce site participatif répertorie les démarches d’ouverture en cours, les plateformes de données avec leurs caractéristiques et les mouvements citoyens.
Seules les initiatives d’ouverture de données des collectivités et sur différentes thématiques sont représentées. Un travail est en cours sur la question de la représentation des initiatives open data des structures privées et associatives qui se développent également.
Depuis la dernière version mise à jour, une dizaine de collectivités a rejoint le mouvement tels que la Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pays de Loire, Alsace, Hauts de Seine, La Rochelle, Chatellerault…
Vous pouvez également contribuer à l’amélioration de cet outil avec @logisima et @fvanderbiest sur Github.
Pourquoi n’y aura-t-il pas de 5eme mise à jour de cette carte ?
Parce que vous pouvez désormais mettre à jour et télécharger cette carte en continu
Parce que cette forme de représentation rencontre des limites face au nombre d’initiatives
Parce qu’il faudrait désormais cartographier les collectivités qui n’ont pas franchi le pas ?
Parce que vous êtes libres de créer vos propres cartes grâces aux données redistribuées !
Ainsi les designers, medias, étudiants ou autres qui souhaiteraient réaliser des œuvres dérivées sont libres de télécharger et réutiliser la base de données source de cette carte, sans oublier de citer de la source. En espérant voir se développer de nombreuses autres initiatives de valorisation, tel que l’initiative ci-bas de Communes.fr qui est placée sous Creative Commons-by.
Le 9 décembre 2011, nous participions à une rencontre sur Bordeaux dans le cadre des conférences Metronum dédiées à l’open data. Celles-ci se sont prolongées d’un échange avec le public qui a vivement interpellé les collectivités sur le besoin d’harmonisation entre les différentes initiatives open data.
L’harmonisation des formats
Aujourd’hui de même jeux de données sont mis à disposition sous des formats différents selon les collectivités. Cette diversité représente un frein à la réutilisation et complexifie les démarches d’appropriation des données. Favoriser la mise à disposition sous des formats similaires contribuerait à faciliter le travail de réutilisation des données. Les collectivités ont donc tout intérêt à échanger et collaborer entre elles afin d’atteindre les objectifs attendus par toutes, notamment en terme de développement de services.
L’harmonisation des plateformes
Certaines collectivités développent la mutualisation de plateformes de données (CG33 avec l’Aquitaine, Nantes Métropole avec le CG44 qui ont repris la plateforme rennaise) mais il existe une diversité de plateformes technologiques. Il existe également différentes formes d’urls pour les plateformes (opendata.ville ou data.ville, et autres) qui rendent peu accessibles les données disséminées sur le web. Mettre en place quelques standards permettrait de simplifier les accès.
Mutualisation de pratiques
Chaque administration consacre des heures quotidiennes à la veille sur la thématique open data, chacune reproduisant le même travail de manière isolée. De nombreuses pratiques pourraient être mutualisées, représentant un gain de temps et d’argent pour tous, tout en favorisant l’essor de l’open data en France.
Harmoniser sans pénaliser
Nous évoquons ici quelques exemple d’harmonisations possibles, cependant la standardisation représente dans certains cas un frein à l’innovation. Standardiser les formats signifie standardiser les formes de réutilisation possible. Standardiser les plateformes signifie standardiser les fonctionnalités tandis que de nouvelles apparaissent chaque semestre.
Au delà d’un objectif peu réalisable d’harmonisation globale, il nous semblait cependant intéressant de réunir pour la première fois les pilotes des différents projets open data afin qu’ils apprennent à se connaître, pour faciliter les mutualisations futures et évoquer ces problématiques.
1ere rencontre inter-administrations ouvertes
Nous avons donc profité de l’interpellation du public pour convier les collectivités et l’Etat à une première rencontre entre administrations ayant ouvert leurs données ou s’apprêtant à le faire. L’invitation a été chaleureusement reçue et cette rencontre d’une journée aura lieu le 1er février 2012 à Paris.
(MAJ: suite aux nombreuses sollicitations, nous précisons que cette première rencontre n’est pas ouverte au public, il s’agira d’un échange entre administrations ouvertes)
Objectif
Rencontre et échanges sur les différentes initiatives d’ouverture (ou en cours d’ouverture) de données publiques : envisager des mutualisations et harmonisation de certaines pratiques pour favoriser le développement de l’open data et de la réutilisation des données ouvertes en France.
Voici la liste des participants ayant confirmé leur présence:
Rennes Métropole, Paris, Nantes Métropole, Conseil Général de Saône et Loire, Conseil Général de Gironde, Conseil Général de Loire Atltantique, Brest Métropole, Grand Toulouse, Brocas, Conseil Général du Maine et Loire, La Rochelle, Ville de Montpellier, Région Aquitaine, Communauté Urbaine de Bordeaux, Conseil général du Loir et Cher, Région Paca, Longjumeau, Etalab
Appel à contributions
L’open data vous intéresse et vous avez des suggestions à émettre pour cette réunion: types de formats à privilégier, les données prioritaires à mutualiser, suggestion d’outils, procédures, autre… Des problématiques qui pourraient être solutionnées grâce à une action collective des administrations ?
Faites nous part de vos commentaires que nous transmettrons le 1er février !
Objectif: démocratiser l’open data et présenter le concept de manière simple, ludique et accessible.
Loin d’offrir une présentation exhaustive, nous avons choisi de simplifier l’approche pour nous adresser au grand public.
Financé grâce au soutien de Nantes Métropole, il est diffusé sous licence Art Libre. Vous êtes invités à le réutiliser, dupliquer, diffuser, modifier… tant que vous citez la source. Si vous souhaitez enrichir et compléter ce film, contactez-nous, nous mettrons le fichier source à disposition.
Google, la Netscouade et Dataveyes lancent un concours d’applications web sur le thème de la campagne présidentielle de 2012.Vous pouvez y proposer une interface de visualisation de données.
Parmi les thématiques prioritaires pour l’ouverture :
• La mobilité : les infos bus Lila, les routes départementales, etc.
• L’environnement : les espaces naturels sensibles, les sentiers pédestres, etc
• Le territoire : les limites administratives, etc
• L’action sociale : les services sociaux, les statistiques, etc
• Les données financières : budget, subventions, etc
Une convention avec l’Ecole de Design de Nantes a été signée afin de valoriser les données. A partir de données livrées par le CG44, les élèves de l’Ecole se lanceront dans la création de représentations graphiques ou cartographiques. Le projet intitulé « Territoires connectés » aura pour vocation de stimuler la conception d’applications destinées à faciliter et à enrichir l’expérience du département et de son environnement par ses habitants.
La région a ouvert ses données SIG sous licence OdbL. Malheureusement, il n’y aurait pas de projet d’ouverture de données transversales pour poursuivre cette démarche, la région devrait donc disparaître de la carte de France de l’Open Data V4 (parution fin novembre).
Le 22 septembre dernier, Neelie Kroes, vice présidente de la commission européenne en charge de l’économie numérique annonçait dans un discours le lancement de deux portails open data européens en 2012 et 2013. Le premier pour ses données propres, le second un portail paneuropéen de la donnée.
La liste de voeux d’OKFN pour 2012 est plus explicite : l’open data comme service de plateforme, interconnexion des plateformes, standardisation, ouverture des données des structures privées, libération de nos données personnelles détenues par les entreprises. A suivre…
Une loi établit enfin le droit d’accès à l’information en Espagne : Le décret royal précise les conditions de publication et de diffusion des données publiques. Celle-ci seront mises à disposition du public via une licence ouverte et libre par défaut. Au cas où une donnée ne sera pas proposée avec cette licence, l’organisme du secteur public devra en justifier la raison.
Enel, (equivalent italien d’EDF) a ouvert ses données sous licence CC-by. Il s’agit de la première initiative open data d’une entreprise privée italienne.
Un groupe de transporteurs, en partenariat avec le Ministère des Transports, a lancé http://www.trafiklab.se/ , un site internet qui propose des API pour les données transports en temps réel. Un hackathon est organisé autour de ces données.
Trois conseillers nationaux demandent des mesures concrètes pour l’ouverture des données publiques de la Confédération. Une motion et deux postulats ont été déposés.
MONDE
Lutte contre le Sida
Le Ministère des Affaires Étrangères des Pays-Bas a ouvert ses données sur la lutte contre le sida. Cette ouverture fait partie du projet International Aid Transparency Initiative, et a pour objectif d’améliorer l’efficacité de la distribution des aides en rendant lisible la répartition, les donneurs, les bénéficiaires et les pays concernés. Il est possible de télécharger sur la plateforme la liste des projets, les contributions de l’ONU ou Banque Mondiale, les données financières, etc.
Open Government Partnership
Le 20 septembre 2011, 8 pays fondateurs (Brésil, Indonésie, Mexique, Norvège, Philippines, Afrique du Sud, Royaume-Uni, Etats-Unis) ont lancé une déclaration de Gouvernance Ouverte et préparent leur plan d’action pour la mise en œuvre qui consiste à généraliser l’ouverture des données publiques, inciter à la participation citoyenne et développer la coproduction entre différentes parties-prenantes.
Une quarantaine de pays a soutenu cette initiative à laquelle la France ne participe pas.
Si le lancement de cette coalition apparaît pour certains comme la création d’un nouvel axe géopolitique (ouverts contre fermés) pour le 21eme siècle, Access Info Europe a alerté l’OGP sur le risque d’un effet d’annonce.
Les pays signataires ne sont pas tenus de respecter des conditions strictes (à commencer par voter une loi sur le droit d’accès à l’information pour les pays n’ayant pas ce type de réglementation). Ainsi le manque de contraintes pourrait inciter les pays à utiliser l’OGP comme caution de transparence sans mesures réelles.
EITI
Dans la foulée, les Etats-Unis rejoignent EITI qui propose un standard de publication de données pour les industries de l’extraction (mines, pétrole) afin de déclarer ce qu’elles paient aux gouvernements avec lesquels elles travaillent. De leurs côtés, les gouvernements s’engagent à déclarer ce qu’ils perçoivent de ces industries. L’objectif est de rendre lisibles et transparents les échanges financiers autour de ces industries.
OpenDataPhilly a lancé OpenDataRace. Il s’agit donc d’un concours d’ouverture de données basé notamment sur les attentes des ONG locales. Quelles sont les données attendues et pourtant inaccessibles ? Des prix à gagner et pour les lauréats OpenDataPhilly se charge de collecter et ouvrir les données demandées.
New York
Dans la continuité de son programme ambitieux d’ouverture, la ville passe sous Socrata et propose désormais des API.
La ville de Moscou envisage l’open data et a lancé une consultation publique sous forme de questionnaire : faut-il ouvrir les données ? Lesquelles ? Sous quelle licence ?
Ce jeu consiste à trouver et relever les variations lumineuses des étoiles. Les données collectées sont ensuite utilisées par un groupe de scientifiques. L’équipe a annoncé avoir trouvé deux possibles nouvelles planètes grâce au jeu vidéo
Outils d’aide à la décision pour faciliter le développement des petites entreprises en effectuant des comparatifs de marché, positionnement, localisation de la clientèle, mélange données publiques et privées
Application pour le métro de New York, elle permet notamment d’identifier le wagon dans lequel se positionner pour être au plus près de la sortie vers une correspondance
Le Conseil Général de Saône et Loire s’apprête à ouvrir son portail de données publiques.
Nous avions assisté mardi à une présentation rassemblant journalistes, quelques acteurs de l’open data, l’équipe du CG71 et Arnaud Montebourg en qualité de Président du Conseil Général de Saône et Loire afin de découvrir leur démarche.
En voici un résumé et quelques réflexions autour de ce projet qui pourrait bien changer l’approche de l’ouverture des données publiques en France, malgré les limites identifiées.
Préambule
Arnaud Montebourg a d’abord expliqué sa position sur l’open data, avec une maîtrise du sujet rarement observée chez un élu. Le discours politique était notamment axé sur l’idée de transparence, de lutte contre la corruption et de démocratie participative.
Si la population est mal informée, les dirigeants ne sont plus des chefs mais des maîtres.
Il est revenu sur le contexte du CG Saône et Loire et de son état de quasi faillite à son arrivée au Conseil Général. Au vu de cette expérience, il lui paraissait fondamental d’ouvrir les données publiques pour rendre compte des actions engagées, profiter des retours pour mieux gérer l’argent public et contribuer à rendre le service public plus efficace et transparent. Dans une tirade sur l’attente croissante en matière de transparence, Arnaud Montebourg a lancé :
Il y a eu la révolution arabe grace à wikileaks, il y aura la 6e république grâce à l’open data
Le volet développement économique a également été mis en avant avec l’idée d’impulser l’innovation et une nouvelle ère numérique au sein du service public. Le volet innovation est ainsi largement présent avec l’ouverture de données touristiques, une partie archives et patrimoine artistique, les données sur la mobilité et le transport, l’environnement, gestion des déchets, bio-diversité, eau, agriculture, sports, routes, etc.
La démarche
Le 30 septembre 2011, l’ensemble des données publiques détenues par le Conseil Général de Saône- et-Loire sera accessible à tous sur le site Internet www.opendata71.fr.
Après Paris et le CG33, le CG71 sera donc le 3eme département à ouvrir ses données. Cependant, la volonté politique associée à cette ouverture lui confère une envergure bien supérieure à toutes les démarches précédentes, et voici pourquoi.
En France, l’agglomération de Rennes a lancé en 2010 le premier entrepôt de données publiques géolocalisées. Elle a été rejointe par Paris et d’autres agglomérations françaises (Montpellier, Nantes (sic)) ainsi que par l’État français avec le projet ETALAB. Ces expériences restent aujourd’hui assez «timides » aussi bien en termes de volume que de types de données.
La réponse du CG71 ? Une ouverture massive de données ! Y compris sur des thématiques jusque-là soigneusement évitées par leurs prédécesseurs.
Une ouverture totale
Le CG71 a décidé de publier toutes les données publiables dans le cadre de la loi, dont :
Les finances publiques avec arriéré de 10 ans
Les prestataires sur les marchés publics
La liste d’attribution des subventions
Les dépenses de l’administration
Les dettes et créances
Le CG71 est prêt à rendre compte de chacune de ses actions et dépenses. L’ambition est clairement affichée : lancer un mouvement de transparence sur la gestion publique en France. Une volonté politique inédite en la matière et qui devrait créer un précédant. Désormais si les autres collectivités ne sont pas transparentes sur ces sujets, à commencer par celles engagées dans l’open data, les citoyens seront en mesure de demander des comptes à leurs élus: pourquoi les citoyens de Saône et Loire ont accès aux comptes publiques et pas nous ?
A ce jour, seule la ville de Rennes a publié son budget en format ouvert. Et encore a-t-il fallu attendre un an d’open data pour voir apparaître ce fichier, alors que les données budgétaires sont déjà toutes largement diffusées en ligne sous format PDF. Cette volonté de simplification d’accès et de transparence est une validation (ou un blocage) purement politique. Or si les élus semblent prêts à développer le volet innovation de l’open data en mettant à disposition les horaires de bus ou les cartographies, le volet démocratique de l’open data n’avait jusque là jamais été développé en France. Les applications oui, le nez des citoyens dans la gestion des comptes… non.
Etant nous même partisans d’une vision globale de l’ouverture des données, avec ses volets innovation, démocratie et modernisation des services publics, cette ouverture est particulièrement enthousiasmante car elle élargit le cadre de l’open data jusque là bien trop restrictif.
Dommage cependant que malgré cette détermination politique le reste de la démarche du CG71 ne se prolonge pas dans les règles de l’art.
XLS? PDF? ZIP ? Des formats à étouffer un aficionado open data
Pour rappel, une démarche open data n’est pas une simple démarche de publication de données en ligne. Si tel était le cas, la carte de France de l’open data serait remplacée par une carte de France. Mais une démarche open data suit des principes et affiche notamment des standards ouverts. Si les fichiers .xls sont utilisés pour faciliter l’usage, c’est en complément de formats non-propriétaires afin de respecter les principes du mouvement mondial dans lequel on s’inscrit.
Bruno Walther de Cap’tain Dash, prestataire de la plateforme, a expliqué durant la présentation que dans la classification de Berners Lee de une à cinq étoiles « les données libérées par le CG71 relèvent toutes du cinq étoiles ». En réalité, pour atteindre ne serait-ce que la troisième étoile il faut déjà publier sous des formats non-propriétaires.
Licence APIE V2 ? Un revival ?
Paris, Nantes, le CG33, l’Aquitaine, le Nord Pas de Calais et Toulouse ont opté pour l’ODbL qui semblait plus appropriée en attendant, pour certains, qu’Etalab définisse une licence qui pourrait devenir standard. Le CG71 a indiqué avoir choisi cette licence car c’était "une licence d’état rassurante" mais rien n’empêche une évolution.
Azure de Microsoft ?
Le CG71 est (a priori?) le premier acteur français à passer ses données publiques dans les nuages et à utiliser ce service Microsoft. Si la démarche du Cloud a été hautement impulsée aux Etats-Unis notamment pour des questions d’économies, des réflexions sont en cours sur le sujet en France. L’Etat souhaite en effet créer une entreprise Cloud entièrement française pour éviter que les données locales, celles des administrations publiques et des champions industriels français, soient hébergées par des sociétés étrangères. Tout un écosystème d’innovation et de services étant sensé se développer à terme autour de la réutilisation de ces données, quid de leur sécurité dans les nuages? Quid de l’écosystème des structures françaises si ces services devaient être défaillants demain ?
Peut-être un premier débat à porter par le comité éthique du CG71 ? (voir descriptif ci-bas)
Ces choix techniques semblent refléter un manque d’acculturation du CG71 au mouvement open data. Ce qui s’explique sans doute par un impératif (tenu) d’ouverture en temps record. Mais l’équipe a ainsi été absente des rencontres autour de cette thématique tandis que les collectivités impliquées privilégient la collaboration et les échanges, cela aurait pu leur permettre d’éviter quelques écueils. D’autant plus dommage que leur service en ligne semble très attractif.
Fonctionnalités
Pour en revenir à la plateforme, qui est assez impressionnante en terme de fonctionnalités et qui vaut le détour, vous y trouverez deux entrées pour accéder aux données selon le statut ou besoin : citoyen ou professionnel.
L’accès « citoyen » permet de visualiser l’ensemble des catégories de données disponibles sous forme de carte ou de graphique (courbe, diagramme). Il suffit de cliquer sur la catégorie de données qui vous intéresse et de la déposer sur l’icône correspondant au graphique désiré. Il est possible d’ affiner la recherche ou d’effectuer des comparaisons par date, par lieu, ou par sous-rubrique.
L’accès « professionnel » : permet aux développeurs d’accéder aux fichiers sources et de les télécharger. Il accueille également la documentation nécessaire à l’utilisation des API du CG71 et la plateforme est bien fournie en la matière.
On y trouvera donc dès demain toutes les données du CG71 et voici une démo de l’outil.
On a demandé
- Avec une ouverture massive de données, ne risque t on pas de constater un essoufflement anticipé de l’intérêt autour de ce projet d’ouverture ? On constate souvent à l’étranger une ouverture progressive et par thématique pour laisser le temps aux communautés d’assimiler les données.
Pierre-Paul Penillard, chef de projet Open Data du CG71 a indiqué qu’il y aurait un concours d’applications associé au projet pour développer des services. Le lancement du concours puis l’alimentation de la plateforme avec les données d’organismes extérieurs auront pour objectif d’assurer la pérennité de la dynamique.
Le concours d’applications doté de 20 000€ sera lancé le 1er Octobre (clôture vers février) pour soutenir le développement de services web, téléphone mobile et autres.
- Le CG Saône et Loire envisage-t-il la mise en place de systèmes et outils relevant de la gouvernance ouverte ?
Arnaud Montebourg a indiqué qu’il ne connaissait pas ce terme mais que la démarche qui suivra sera sans doute en lien avec les outils de démocratie participative déjà développés dans le cadre du programme Syrius du CG71.
Il nous a semblé surprenant, au vu de la maîtrise apparente du sujet par Arnaud Montebourg, qu’il ignore le cadre d’origine des premières démarches nationales d’ouverture de données publiques, d’autant que le volet « modernisation des services publics » est bien indiqué dans la présentation du CG71. Cependant il s’agit bien là d’une spécificité française: la dissociation de l’open data de son cadre global de développement (adapter le service public aux attentes et outils du 21eme siècle) amputé notamment des notions d’innovation ouverte, de gouvernance et du passage de l’administration au web 2.0, sans lesquels un projet d’ouverture de données publiques semble pourtant difficilement réalisable et pérenne.
- Y a t’il des différences entre les programmes d’ouverture de la part d’élus de droite et de gauche ?
Réponse d’Arnaud Montebourg :
Déjà, des ouvertures de données publiques à droite, il n’y en a pas tant que ça ! Ensuite il ne faut pas avoir une vision manichéenne de la politique.
Le seul parti pris politique a donc été la décision d’ouverture, "sacrément couillue" en l’occurrence mais on s’attendait en effet à une vision politique plus tranchée autour de l’Open Data. Si les objectifs sont clairement énoncés: Transparence, Innovation, Mise en ligne des services publics, les collectivités auraient tort de considérer que ces bénéfices arrivent par la simple mise en ligne d’une plateforme et la publication de données. Il s’agit également de reconsidérer le fonctionnement de l’administration, son organisation, ses outils, de la rendre plus ouverte, plus réactive, plus participative. Or cela s’organise et il y a une réelle reflexion politique à développer derrière certains enjeux associés à l’ouverture dont un échantillon :
Quel nouveau modèle pour l’administration du 21eme siècle ? Utilise-t-on l’open data pour désengager le service public dans l’offre de services ou pour renforcer sa légitimité ? Où place-t-on le curseur entre ce qui doit rester public et ce qui peut être privatisé ? Le modèle d’ouverture anglo-saxon doit-il être traduit tel quel en français ?
Sur ces sujets, aucun élu français ne s’est encore positionné.
Ce qu’on aime de l’ open data version CG71
L’approche citoyenne :
Avec un outil innovant, le Département de Saône- et-Loire est la seule collectivité territoriale à permettre au citoyens de manipuler des données numériques complexes, sans aucune connaissance informatique, avec le souci de garantir la compréhension de ses politiques publiques grâce à des outils intégrés de visualisation.
La création d’un comité d’éthique :
Il a une fonction d’accompagnement à l’ouverture et émet un avis et/ou une recommandation sur la nature des fichiers publics et s’assure de leur protection. Il est constitué de cinq membres dont un journaliste, un représentant d’association de consommateur, de l’INSEE, une magistrate et un professeur de philosophie qui peuvent être saisis par la population.
La volonté politique :
Atout indispensable d’un programme d’ouverture ambitieux. Pour le coup toutes les données seront disponibles dès l’ouverture (selon l’annonce) et le CG71 est dans l’attente d’échanges avec la population sur ce sujet. Arnaud Montebourg contribue à remonter le débat au niveau politique.
Le programme PS devra évidemment être amendé par le candidat mais si j’étais candidat, je pense que l’open data devrait être une obligation.
Les applications déjà créées :
Visualisation des subventions départementales : visualiser toutes les subventions versées par le Conseil général, par type de budget, par thème et par commune pour chaque année depuis 2004.
Arrêts des bus scolaires : trouver le point d’arrêts des bus scolaires les plus proches, leur localisation exacte ainsi que leur photo, en sélectionnant une commune.
Ce que l’on regrette
L’approche technique qui sort du cadre des fondements même de l’open data
Note:
Cet article se base sur la présentation et démo du CG71. Nous n’avons pas pu tester la plateforme ni constater la réalité de la publication effective des données annoncées qui devraient être directement en ligne.
Le portail www.opendata71.fr sera lancé le 30 septembre à Mâcon en présence d’Arnaud Montebourg et Gilles Babinet, président du Conseil National du Numérique (CNN) et co-fondateur de Cap’tain Dash.
Explications de la démarche par Pierre Martinerie, Vice-président du Conseil général chargé du développement durable, de la démocratie participative et du projet stratégique pour la Saône-et-Loire
Extrait de Veille sur la thématique Open Data pour le mois de Mai
FRANCE
Etalab
L’Etat français s’empare de l’Open Data.
Nicolas Sarkozy a évoqué le sujet en public (pour la première fois?) dans un discours sur le conseil national du numérique tandis qu’Etalab, la mission chargée de créer data.gouv.fr a ouvert son blog et revient sur le premier groupe de travail dédié à l’ergonomie de la future plateforme nationale de données publiques. Y lire également le discours du Directeur, Séverin Naudet, lors de la session Open Data à Iexpo.
Pour l’essentiel, la directive "Inspire" et donc le nouveau chapitre du code de l’environnement impose aux autorités publiques, d’une part de rendre leurs données géographiques environnementales accessibles au public en les publiant sur Internet, et d’autre part de les partager entre elles. Le document de présentation.
Paris Sémantique a récemment été créé afin de compléter le site opendata.paris.fr. Le but est de traduire le maximum de données publiques issues du mouvement parisien en données aisément compréhensibles afin de favoriser leur compréhension par les utilisateurs.
Le projet Opendata Showcase de Paris cartographie les infrastructures parisiennes.
La Communauté Urbaine de Bordeaux continue ses ateliers avec les acteurs. Les résumés des avancées sur le blog Citélabo de la FING.
NANTES
La présentation du programme d’ouverture de données publiques de Nantes et les différentes étapes en cours. A venir d’ici quelques jours, la validation de la licence et la liste des données prioritaires pour le lancement de la plateforme d’ici novembre.
SAONE ET LOIRE
Le Conseil Général de Saône-et-Loire sera probablement le premier département à ouvrir ses données publiques. C’est en tout cas là volonté affichée dans la déclaration d’Arnaud de Montebourg.
MONTPELLIER (ZOOM)
Depuis deux mois, Montpellier avait ouvert ses données et celles de l’Office de Tourisme et la CCI locale à titre expérimental sur opendata.montpelliernumerique.fr. L’ouverture officielle devrait être confirmée en Conseil Municipal le 15 juin.
Programmation, cartographie, présentation des œuvres et artistes des ZAT
La partie Développeur n’est pas encore ouverte mais devrait être opérationnelle avec la mise en ligne des données temps-réel, accessibles par API. Un blog est également en ligne avec des articles hebdomadaires sur l’Open Data.
Des réunions de présentation des données ont déjà eu lieu avec les partenaires pour soutenir la conception de services innovants. Un chef de projet dédié va s’occuper du projet, de l’animation et de la formation et une manifestation publique va être organisée pour fin Juin.
Merci à Jean-Marie Bourgogne, Directeur du programme Montpellier Territoire Numérique pour ces informations.
Lors d’un atelier sur l’interopérabilité des catalogues européens, les participants ont mis en place un guide de bonnes pratiques et travaillent sur l’initiative d’un catalogue unique de référencement des plateformes de données publiques. Il devrait être disponible sous datacatalogs.org d’ici quelques semaines.
Un atelier a également porté sur les barrières à l’ouverture des données publiques. 100 barrières ont été identifiées et 160 manières de les surpasser ont été proposées. Voir le schéma et le résumé de l’atelier.
Un site européen a été lancé pour accéder aux API permettant de requêter les données législatives de l’Union Européenne.
ESPAGNE
Le Gouvernement Ouvert trouve sa place dans les programmes politiques aux élections espagnoles. Cette nouvelle forme de gouvernance et l’Open Data sont d’ailleurs des thématiques revendiquées par les indignés de la #spanishrevolution.
Aux Etats-Unis, on différencie les plateformes « Open Data » et les plateformes « Transparence » sur lesquelles on retrouve les données budgétaires et législatives.
Data.gov
Malgré les rumeurs de fermeture du site américain data.gov, qu’auraient pu provoquer les coupes budgetaires, celui-ci passe à une nouvelle génération de plateforme : d’un entrepôt de données, aux données dans les nuages (cloud based platform) dans le but de générer des économies de gestion et plus d’applications.
Cette plateforme a été développée par Socrata, l’entreprise américaine qui fournissait déjà les plateformes de Seattle et Chicago (entre autres) et dont la base de travail est le Cloud. De nouvelles fonctionnalités apparaitront avec des filtres de recherches et l’interaction directe avec les données.Voir les détails sur Data.gov Next Generation et la videopostée sur Socrata.
L’Australie organise le Libraryhack, un concours de mashups basés sur les archives ouvertes des bibliothèques nationales. Une video présente comment créer un mashup photographique pour concourir.
Le musée maritime britannique a ouvert ses archives des cahiers de bords des navires du 19eme siècle sur lesquels les capitaines notaient les conditions météorologiques quotidiennes. Ces informations manuscrites sont actuellement crowdsourcées et numérisées par des internautes volontaires. En moins de quatre mois, plus de 400 000 pages de ces cahiers ont déjà été traitées. Des scientifiques sont actuellement en train d’étudier les données pour comprendre les conditions météorologiques du siècle dernier et les comparer avec les conditions actuelles.
La motion est passée par 34 votes contre 3. Trois membres avaient en effet des réserves liées au droit à la vie privée. La motion a été traduite en anglais ici.
Dès sa sortie en décembre 2011, la plateforme nationale «data.gouv.fr » offrira la possibilité aux collectivités territoriales de publier leurs données grâce à un espace dédié.
Etalab a également prévu d’organiser des workshops et hackathons pour faciliter les échanges avec la communauté des développeurs.
Accroche paradoxale pour une ville engagée de longue date dans le développement des biens communs et de l’accès à l’information publique. Mais c’est désormais une démarche officielle et complète puisqu’après la libération de ses données géographiques en 2009, Brest Métropole Océane vient de nommer un référent opendata qui sera notamment en charge d’élargir les thématiques de données accessibles, au delà des données géographiques.
Parmi les gagnants : http://www.handimap.org/ qui répertorie toutes les informations utiles sur l’accessibilité ou www.arret-public.fr moteur de recherche unique pour les bus et le métro, avec indication de correspondances, points d’achat de billets, informations en temps réel, etc.
Avec la liste de ses comptes administratifs 2008 et 2009 et de ses budgets primitifs 2010 et 2011 en ligne ici. A cela, vient se rajouter un second jeu de données lié aux budgets annexes renseignant sur les dépenses en eau, en assainissement et autre chauffage urbain. Un troisième jeu concerne les subventions apportées aux associations.
Nous organisons le 22 avril à la cantine numérique nantaise une journée de lancement de l’opendata sur Nantes. Pourquoi "lancement" alors que les démarches ont commencé il y a quelque temps déjà ? Parce que pour la première fois nous souhaitons réunir ensemble différents types de valorisateurs (chercheurs, étudiants, développeurs, journalistes, etc) au lieu de faire des sessions séparées. Parce que pour la première fois nous faisons venir des intervenants pour les former sur des thématiques précises. Parce que pour la première fois, notre M. Opendata viendra s’exprimer sur le plan d’ouverture de la ville… Transversalité, dialogue, coproduction: c’est le début de l’Opendata !
La fête de l’Internet roubaisienne semble avoir fait une place à l’opendata dans le nord. Alexandre Desrousseaux et Emmanuel Vandamme y plaident pour l’ouverture des données publiques.
Le 22 mars dernier avait lieu le lancement officiel de Data Publica. Voir les différentes étapes techniques qui doivent permettre à Data Publica de s’imposer comme le portail et la place de marché de référence des données en France.
Grande polémique des deux dernières semaines, les Etats-Unis envisageraient de fermer la plateforme nationale de mise à disposition de données publiques data.gov ainsi que sept autres sites associés de gouvernement ouvert. Ce sont des coupes budgétaires drastiques qui menacent le site.
Une proposition de budget pour l’année fiscale 2011 émanant de la chambre des représentants est actuellement en négociation au Sénat. Si elle devenait loi dans les jours à venir, le budget alloué au « Electronic Government Fund » passerait de 34 millions de dollars en 2010 à 2 millions de dollars en 2011, ce qui ne permettrait pas de faire vivre le site datagov.
Retour sur les étapes : suite à sa création, Montréal Ouvert a eu deux rencontre publiques avec une soixantaine de personnes, a tenu deux hackathons permettant de démarrer de nouveaux projets et ce travail a permis d’aboutir le 22 mars 2011 à un mandat déposé par M. Applebaum, vice-président du comité exécutif de la Ville qui vise à analyser l’ouverture des données détenues par le ville. – Merci à Diane Mercier pour ses retours d’informations -
Rapport de veille sur l’ouverture des données publiques
Cette veille n’est pas exhaustive, vous pouvez retrouver tous les liens identifiés sur notre Delicious et effectuer des recherches par mot clé.
"Study" pour les études, "Economics" pour les impacts économiques, "Limits" pour les critiques, "Imp" pour les articles méritant de paraître dans la veille, etc
Le premier groupe de travail technique réunissant un comité transversal interne a eu lieu hier. Il y a également un groupe de travail politique et un groupe de travail avec les acteurs.
La ville avance et poursuit donc son programme d’ouverture de données mais pourrait subir le poids et la lenteur de l’artillerie lourde mise en place pour développer un programme dont le mot d’ordre est « agilité ».
Les activistes dénoncent déjà les limites du portail, dont une clause restrictive de la licence qui limite l’usage « aux réutilisation pouvant porter préjudice au pays ». Un problème en passe d’être résolu.
ESPAGNE
Le pays dont on parle trop peu au vu de leurs nombreuses initiatives. Lire un état des lieux en espagnol.
Et voir notamment la plateforme Navarra très accessible et sous licence Creative Commons (cc by 3.0) qui est la licence de prédilection en Espagne, Australie, Nouvelle-Zélande.
Pour répondre à cet enjeu, les Etats-Unis lancent une campagne d’animation de communautés et créent des portails thématiques.
Les concours d’applications : on passe aux V2. Deuxième édition pour NYC Bigapps et Abredatos.
Dans cette vidéo, Tim Berners Lee explique les enjeux de l’opendata et mentionne un cabinet d’avocats qui a démontré la politique raciste de mise à disposition d’eau courante dans une commune grâce à un mashup.
GovintheLab, une source d’informations contributives pour le Gouvernement Ouvert et l’Opendata.
PROJETS
FigShare : Portail original pour la mise à disposition des études scientifiques erronées. Le principe : si une étude s’est avérée non-concluante, la partager peut permettre à d’autres groupes scientifiques d’en faire ressortir des conclusions et/ou d’éviter de commettre les mêmes erreurs
IssueMap : Outil pour créer facilement des visualisations de données
ETUDES
Etude Pew Internet Project, les citoyens qui vivent dans une collectivité qui a ouvert ses données se disent trois fois plus satisfaits de leur administration
Cette question a été tranchée à l’étranger où les plateformes nationales et locales présentent des licences d’exploitation gratuites pour tous. Certains pays comme la Nouvelle-Zélande ont d’ailleurs mis en place des systèmes de licence unique gratuite. Si plusieurs licences coïncident en France, les deux initiatives Opendata françaises affichent bien des licences d’exploitation gratuites, y compris à des fins commerciales, à Rennes et à Paris.
Nous soutenons que l’accès et la réutilisation des données publiques, y compris à des fins commerciales, doivent être gratuits et voici pourquoi:
Le Mouvement Opendata privilégie la gratuité
L’Opendata n’est pas une quelconque pratique de mise à disposition de données. L’Opendata est un mouvement international qui repose sur une philosophie et des principes.
Soutenu par la communauté du libre, par les militants du droit d’accès à l’information et par les promoteurs du gouvernement ouvert, les deux acteurs principaux de l’Opendata sont la Sunlight Fundation aux Etats-Unis et l’Open Knowledge Fundation au Royaume-Uni. Les 10 principes de l’Opendata qui constituent les piliers de la philosophie du mouvement impliquent le respect du principe fondamental suivant : assurer que les données publiques soient accessibles, exploitables et réutilisables par tous.
Parmi les dix critères d’une donnée ouverte, il y a notamment les notions de non-discrimination des usagers ainsi que la notion d’abandon des licences restrictives et de la tarification qui limitent la diffusion et réutilisation des données.
Subordonner la réutilisation des données publiques à une licence payante ne relève donc pas des principes du Mouvement Opendata.
La tarification des données est limitée par la loi
La mise à disposition des données publiques en France est régie par un cadre légal stricte.
La loi du 17 juillet 1978 sur le droit d’accès à l’information permet à toute personne d’obtenir l’accès aux informations créées dans le cadre d’une mission de service public.
Les données sensibles, du type données nominatives, à caractère privé, relevant de la sécurité du territoire, etc. sont évidemment exclues du champs de la mise à disposition.
Cette loi mentionne que la réutilisation d’informations publiques peut éventuellement donner lieu à tarification mais là encore dans un cadre précis : la redevance ne peut pas dépasser le coût de mise à disposition des données.
Cette législation a été adaptée à la Directive 2003/98/CE du Parlement européen et du Conseil du 14 novembre 2003 relative à l’utilisation des informations du secteur public. Transposée en droit français par l‘Ordonnance 2005/650 du 6 juin 2005 et par le décret n° 2005/1755 du 30 décembre 2005 elle stipule également:
« Les informations publiques, non nominatives, provenant d’organismes publics ou d’entreprises privées exploitant un service public doivent pouvoir être rendues accessibles et réutilisées à des fins commerciales ou non, d’une manière non discriminatoire et non exclusive, et à des coûts qui n’excèdent pas leur coût de production »
Les administrations ne peuvent donc pas espérer obtenir de bénéfices financiers sur la vente des données.
L’investissement entre dans les budgets des collectivités
Contrairement à un fantasme répandu, la démarche Opendata ne représente pas un investissement inabordable. Rennes avait indiqué avoir mis 20 000€ de sa poche même s’il est vrai que cela ne prend pas en compte les ressources humaines et la surcharge ponctuelle des services concernés le temps du lancement (certains l’évaluent à 25% de leur temps de travail). Mais l’investissement initial est dans l’infrastructure, pas dans la diffusion des données. L’effort est donc au début du processus avec un budget de départ à définir.
Or les collectivités ont déjà des lignes budgétaires pour financer des aides à l’emploi, des appels à projet pour développer l’économie et l’entrepreneuriat sur leurs territoires, elles financent la création de services d’utilité sociale, elles investissent dans la communication pour valoriser l’attractivité de leurs territoires… et l’Opendata est un facilitateur pour atteindre tous ces objectifs.
Il s’agit d’un levier extrêmement bon marché pour déclencher des effets perceptibles sur les territoires, ce qui devrait être une motivation à mettre l’investissement entre parenthèse à partir du moment ou des services au citoyen et aux entreprises sont à la clé.
Pour la Catalogne, l’ouverture a généré des économies de 500h mensuelles de travail et un retour sur investissement en 4 mois.
Pour Rennes, la création de 47 applications à partir de leurs données ouvertes a été financée par des partenaires à hauteur de 50 000€. Si la collectivité avait dû financer elle-même ces applis, sur une moyenne de 20 000€ chacune, cela lui en aurait coûté 940 000€.
Dans un contexte budgétaire toujours plus limité, la question n’est pas de savoir comment financer l’Opendata mais comment continuer à financer des procédure coûteuses qui freinent le développement économique et impactent donc les recettes fiscales ?
Le paiement pour la réutilisation commerciale est déjà la norme
Les entreprises payent déjà pour commercialiser des données publiques, ce qui crée d’ailleurs un système oligopole dans lequel seules les structures ayant assez de moyens pour investir dans l’acquisition peuvent suivre, pénalisant les petites entreprises et les porteurs de projets dans le développement de leur activité et la création de services et usages innovants.
Or l’Opendata est un changement total de paradigme. Les premiers freins sont culturels et organisationnels. Le renoncement à la commercialisation implique que l’administration envisage les bénéfices du système administratif dans sa globalité, ce qui est difficilement envisageable dans une organisation en silos.
Une procédure difficilement appliquable
Les collectivités auront-elles les moyens d’identifier tous les acteurs effectuant une réutilisation commerciale de leurs données ? Et qu’est-ce qu’une utilisation commerciale ? Si une initiative telle que Nosdeputes.fr devait demain financer l’hébergement de leur site via de la publicité en ligne, (tandis qu’ils payent l’hébergement de leur poche actuellement), leur démarche citoyenne serait-elle alors considérée comme une réutilisation commerciale des données ?
Le pragmatisme, plus efficace que l’idéologie
A travers les commentaires des internautes sur la question de la licence commerciale, nous constatons que la vision idéologique du rôle des entreprises dans la société semble largement influencer les positionnements de chacun. On observe un clivage dont une restitution manichéenne pourrait donner ceci :
Ceux qui envisagent les entreprises comme des structures d’exploitation arbitraire ne partageant pas leurs profits « évadés aux Bahamas » et ne participant donc pas à l’effort collectif privilégient un accès payant pour les réutilisations commerciales
Ceux qui envisagent les entreprises comme des entités créant de la richesse, de l’emploi et de services utiles à la communauté privilégient leur développement par l’accès gratuit pour les réutilisations commerciales
Il y a également tous ceux qui ne connaissent pas les principes de l’Opendata et qui ne sont pas étonnés par l’idée qu’une structure commerciale paye un accès, ce qui semble un réflexe français que nos voisins européens ont du mal à comprendre.
Lors de la conférence « Public Sector Information Reuse », un représentant d’une organisation française en faveur des licences commerciales payantes est intervenu pour défendre sa position, ce qui a suscité de vives réactions en temps réel sur le mur de tweets dont voici une restitution partielle.
sebgiessmann Sebastian Gießmann
Mon dieu! Do the French only think about how to get money out of public sector information?
jindrichmynarz Jindřich Mynarz
#opendata doesn`t need a business model: public sector bodies need to create it to perform their functions anyway
prodromos prodromos
#PSI_apps @ckreutz "if you make services digital you exclude a lot of people and if you make them pay you exclude even more"
avancampen Annemarie van Campen
‘Why all those rules beforehand, when gov can"t really control them?’
tlangkabel Thomas Langkabel
Panel at #PSI_apps focusing strictly on pricing&cashflow of #Opendata what about social aspects? democratic value? transparency ?
CountCulture Chris Taggart
Rather saddened by the #sameoldarguments re charging for public data at #psi_apps. Too many vested interests here ?
marcribes_obs Marc Ribes
#PSI_apps Don’t forget original spirit of PSI: it should already exist and be opened to reuse. It is not created for biz use but can lead to
tlangkabel
‘Do we have politicians in the room?’ Result: ZERO. Big issue! Need to reach them quickly.
Un changement culturel reste à opérer sur le rôle d’une activité commerciale dans la société (et c’ est une association qui le dit…)
Notre position
Monsieur F. nous a envoyé un email hier en nous demandant quelles étaient nos sources de financement et à demi-mot : quels intérêts défendons-nous et pour quel lobby travaillons- nous ?
Libertic est une association de loi 1901 animée par des bénévoles. Nous n’avons pas de salariés mais nous espérons créer un emploi en 2011.
Nous avons fonctionné sur un budget de 5 000€ en 2010. 80% de ce budget a servi à financer l’animation d’un collectif d’acteurs du numérique social, la création de leurs supports de communication, la duplication de CD de logiciels libres, etc 20% ont été consacrés à nos déplacements aux conférences Opendata.
Effectivement Libertic ne fait pas uniquement de l’Opendata mais nous ne parlons que de cette thématique sur ce blog, voilà pourquoi certains d’entre-vous étiez peut-être passés à côté. Mais si vous pensez toujours que notre objet est de défendre des intérêts privés, la description de nos activités annexes risque de vous surprendre.
Nous précisons également que si cet article s’est basé sur des arguments exclusivement financiers (alors que l’Opendata comporte évidemment un volet social), c’est tout simplement parce qu’il s’agissait de répondre à une question financière. Mais notre action au quotidien reste globale.
Aujourd’hui Libertic fédère plus d’une centaines d’acteurs et sympathisants de l’Opendata, des citoyens, des développeurs, des entreprises, des associations, des écoles… (rassurez-vous, notre prochaine version de site internet vous permettra d’adhérer facilement)
Nous sommes issus de l’économie sociale et solidaire et c’est d’ailleurs ce service de Nantes Métropole qui nous a financé sur un appel à projets. Nous sommes tombés assez tôt et un peu par erreur sur le Mouvement Opendata qui nous a passionnés parce qu’il touche tous les acteurs du territoire, parce qu’il est riche de promesses sociales et économiques et parce qu’il représente un changement de paradigmes. C’est ce mouvement là, dans sa globalité, que nous soutenons par nos actions en défendant l’intérêt de toutes les parties prenantes et en incitant notre territoire à s’engager dans ce mouvement d’envergure qui est en marche.
Le Sputnik Moment
Henri Verdier a publié un article dans lequel il rappelle que le Mouvement Opendata a été lancé aux Etats-Unis par Barack Obama à partir de son discours du Sputnik Moment.
Le "Sputnik Moment", c’est ce moment où l’Amérique de Kennedy (sic) traumatisée par le premier succès spatial soviétique, décida de lancer à son tour un vaste programme spatial, avec la création notamment de la NASA et l’enclenchement d’une course aux étoiles qui allait culminer avec la conquête de la Lune. Mais ce Sputnik Moment allait également inaugurer un cycle d’innovation sans précédent, à l’origine, entre autres, du développement accéléré de la Silicon Valley.
Cet investissement dans les sciences a généré la création de nouveaux matériaux, de nouvelles techniques, de nouvelles technologies, de nouvelles pratiques, dont ont tire encore des découvertes et de nouvelles applications 40 ans plus tard.
A l’heure actuelle, nous sommes dans un nouveau moment Sputnik.
Nous entrons dans l’ère des données, du web 3.0, de la sémantique. Des services, des techniques, des usages autour des données sont à découvrir dont nous avons encore peine à imaginer la nature et l’ampleur ainsi que les répercussions sur nos modes de vie des quarante prochaines années.
Bien sûr des questions restent en suspens, bien sûr que le tableau n’est pas idyllique mais avançons déjà et gardons ces objectifs en tête pour lancer des initiatives ambitieuses.
Ne ratons pas ce tournant et levons les freins financiers. Pour mettre toutes les chances de notre côté, les licences gratuites y compris à des fins commerciales s’imposent.