Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘montpellier’

Le choix d’une licence de réutilisation à apposer aux données ouvertes est l’un des premiers choix politiques d’un programme d’ouverture de données publiques. Il s’agit de conditionner les droits et devoirs associés à la mise à disposition et à la réutilisation des données.

Tandis que certains pays légifèrent pour créer une licence unique de réutilisation, l’entrée tardive de l’état français dans le mouvement Open Data a obligé les collectivités ouvertes à improviser sur le sujet.

Si ces dernières communiquent entre-elles sur les retours d’expérience et la mutualisation de procédures d’ouverture, l’absence d’une licence juridique de référence leur impose de répéter individuellement un travail juridique complexe et chronophage qui consiste à effectuer un comparatif des licences possibles avant de faire un choix basé sur le projet et contexte politique local.

Le manque de standard a donc généré l’utilisation et la création de licences diverses, pénalisant la lisibilité d’usage et l’interopérabilité des données. Ainsi Montpellier et Bordeaux ont opté pour les CGR de l’APIE, Rennes en a fait une adaptation et Paris a choisi l’ODbL.

Pourquoi n’y a-t-il pas de consensus en matière de licence ?

Le contexte législatif

Extrait du volet juridique du Guide pratique de l’ouverture des données publiques territoriales (FING)

En France, la loi encadre la réutilisation des données publiques en précisant les droits et obligations des acteurs publics comme des réutilisateurs. Ainsi, la loi CADA de 1978 exige, sauf consentement explicite, que les réutilisateurs :

  • Indiquent la source des données
  • Indiquent leur date de mise à jour
  • Respectent l’intégrité des données

En cas de mise à disposition de données sans notification de licence, c’est cette loi et ces devoirs qui s’imposent par défaut.

Les licences actuellement utilisées en France

L’Agence du Patrimoine Immatériel de l’État a été chargée de rédiger des licences de réutilisation pour les données publiques. Partant du principe que si les collectivités ne souhaitaient pas tarifer les données, les droits et devoirs liés à la loi CADA se substituaient à une licence, l’agence n’avait tout d’abord développé que des licences payantes.

Cependant, lorsque Rennes décida en 2010 d’ouvrir ses données pour des réutilisations gratuites, la ville souhaita y associer une licence. Ce n’est pas une obligation légale mais cela rassure les juristes et facilite la compréhension d’usage pour les réutilisateurs. C’est donc suite à ces échanges avec Rennes que l’APIE finit par rédiger une licence de réutilisation gratuite (les Conditions Générales de Réutilisation de l’APIE) qui est en fait une retranscription des conditions légales définies dans la loi CADA (impératifs de source, date, intégrité).

Bordeaux et Montpellier utilisent la licence CGR pour la mise à disposition de leurs données mais le positionnement initial de l’APIE sur leur tarification a nuit à l’image de l’agence et de ses licences auprès de la communauté du libre.

Problématique

Un flou juridique semble planer sur les CGR de l’APIE qui ne seraient pas compatibles sur les projets libres de type OpenStreetMap dont on sait le potentiel de valorisation de données.

« À la question de savoir si l’usage d’une licence du type APIE permettrait ensuite la réutilisation des données au sein du projet Open Street Map (sous ODbL), la réponse risquerait d’être négative 1) si la licence de l’APIE contenait des obligations à la charge de l’utilisateur différentes de celles contenues dans la licence ODbL ou 2) si les bases de données ouvertes étaient originales (donc objet de droit d’auteur) ou conséquentes à un investissement (donc objet du droit sui generis des bases de données), car l’ajout de la licence ODbL à ces bases nécessiterait qu’il y ait en amont une cession de droits adaptée.

Elles ont cependant pour inconvénients d’être franco-françaises (et donc incompatibles à l’international) et inspirées des modèles de contrats administratifs qui sont peu adaptés à des utilisateurs standards (notamment du fait du renvoi à d’autres textes). Au surplus, elles présentent pour défauts rédhibitoires (sources d’insécurité juridique) 1) d’être principalement axée sur la diffusion des données et non sur l’échange et la construction de services qu’une diffusion libre pourrait offrir, et 2) surtout d’être uniquement construite sur la base de la Loi du 17 juillet 1978 et de ne pas du tout prendre en compte les différents droits de propriété intellectuelle que la collectivité ou l’administration pourraient détenir sur ces bases. »

VeniVidiLibri : Les enjeux relatifs au choix de la licence

Alors que Rennes utilisait initialement les CGR pour la mise à disposition de ses données, la ville a ensuite développé une licence « Rennes Métropole en Accès Libre » afin de répondre aux attentes des libristes qui estimaient que les CGR de l’APIE n’étaient pas compatibles avec les projets libres (Wikipedia, Openstreetmap, etc.) notamment du fait de la mention « non altération des données » qui semble très floue. Une simple traduction d’une base de données en anglais pourrait être considérée comme une altération ?

D’où la rédaction de la licence Accès Libre qui comprend les mentions suivantes:

Les droits octroyés concernent :

  • L’extraction et la réutilisation de la totalité ou d’une partie substantielle du contenu
  • La création de bases de données dérivées
  • La création de bases de données collaboratives
  • La création de reproductions temporaires ou permanentes, par tous moyens et sous quelque forme que ce soit, en tout ou en partie, y compris de toute base de données dérivée ou en tant que partie d’une base de donnée collaborative
  • La distribution, la communication, l’affichage, la location, la mise à disposition ou la diffusion au public, par tous moyens et sous quelque forme que ce soit, en tout ou en partie, y compris de toute base de données dérivée ou en tant que partie d’une base de données collaborative.

La licence rennaise est donc une adaptation des CGR de l’APIE auxquelles ont été ajoutées des mentions sur les droits associés afin de la rendre compatible avec les projets libres. Si l’on peut regretter que cette licence ne soit pas non plus reconnue à l’international, limitant la compilation avec des données étrangères, des doutes semblent encore subsister sur la compatibilité avec les projets libres.

  • La licence ODbL

Tout en respectant les droits et devoirs du cadre légal, les producteurs de données peuvent en effet orienter des choix plus précis (conditions en matière d’intégrité des données, d’identification de la source, etc.) et intégrer des variantes.

Ainsi à Paris, c’est la licence libre ODbL, développée initialement par Opendatacommons et traduite en français par VeniVidiLibri, qui est associée aux jeux de données. Elle ne se soustrait pas au droit français (droits et devoirs de la loi CADA repris dans les CGR de l’APIE) mais y ajoute au contraire des éléments.

L’ODbL met en œuvre la notion de copyleft. Le copyleft comme le copyright définissent et encadrent les droits des utilisateurs de façon contraignante. Le mécanisme est identique, mais les objectifs différents : le copyright garantit exclusivement les droits de l’auteur, le copyleft s’attarde tout particulièrement aux droits des utilisateurs, et vise à préserver la liberté d’utiliser, d’étudier, de modifier et de diffuser des bases de données et leurs versions dérivées.

L’ODbL impose que toute base de données dérivée soit maintenue sous la même licence, c’est à dire libre: accessible, modifiable et réutilisable par tous.

La licence OdbL crée donc un pot commun dans lequel s’ajoutent les contributions réalisées sur les bases de données libérées et participe à l’enrichissement collectif du travail plutôt qu’à l’appropriation individuelle. Une solution qui impose ce qui est au cœur de la démarche des logiciels libres : le partage à l’identique, c’est-à-dire le fait d’ouvrir à nouveau, et à tous, ce qui a été produit en reversant cette valeur ajoutée dans le pot commun.

En utilisant cette licence libre, les détenteurs de données imposent un devoir de contribution collective aux réutilisateurs. L’usage des données publiques est alors orienté non seulement vers l’innovation mais vers l’innovation sociale et la production de biens communs.

« Lorsque des administrations optent pour des licences interdisant les usages commerciaux, elles font le choix de se couper des projets emblématiques libres (Wikipedia, Open Street Map). Elles ne se donnent pas la chance de profiter de la visibilité offertes par ces sites (150 millions de visiteurs uniques pour Wikipédia). C’est d’autant plus dommageable que le travail effectué par ces communautés pourrait constituer un atout majeur pour les données publiques. En rendant accessible les données cartographiques à tous et sans discrimination, OpenStreetMap propose une alternative plus que crédible face aux services de cartographies publiques. Faire le choix d’être incompatible avec leurs licences pourrait être interprété plus que négativement par ces communautés. Ainsi, alors que l’Open Data vise à rapprocher les citoyens de leurs administrations, le choix d’une clause restrictive aurait plutôt tendance à les éloigner. » RegardsCitoyens

Sans licences libres pour les données publiques, des projets tels qu’OpenstreetMap, dont l’utilité sociale est reconnue par les Nations-Unis, et dont la qualité et les données sont souvent plus riches que Google Maps se verrait donc mis à l’écart par l’Open Data.

Pour soutenir l’usage des licences libres associées aux données publiques, Creative Commons, OKF, RegardsCitoyens et VVL ont publié un appel aux données libres dans lequel ils indiquent:

« Toute licence introduisant des limitations ou des discriminations à l’accès aux données ou des restrictions sur leur reproduction ou redistribution à des fins commerciales ne doit pas être considérée comme une licence Open Data, et cela en conformité avec ce qui a été préalablement établi par OpenDefinition.org. Actuellement, en France, seules certaines licences utilisées par les administrations publiques satisfont ces critères et nous recommandons donc le choix de ces licences libres. »

Vous pouvez soutenir les licences Open Data libres en signant cette pétition.

L’importance du cadre juridique

Les licences franco-françaises s’additionnent donc tandis que la communauté de réutilisateurs ne reconnaît pas leur potentiel de libération des données. N’étant pas juriste, on se gardera bien de statuer sur la validité ou non de ces licences , ce qui est sûr en revanche c’est que leur dénombrement et leur non-reconnaissance est un frein en soi à la valorisation des données.

« Un cadre juridique n’est pas seulement là pour protéger mais aussi pour faciliter la rencontre entre le détenteur des données et ses réutilisateurs. Ainsi, un cadre trop restrictif peut conduire à une valorisation des données médiocre voire, nulle. Un cadre trop imprécis peut créer de l’incertitude. Un cadre très précis mais incompréhensible par des non- spécialistes chassera les petits acteurs, souvent les plus innovants… »

On le voit, le choix d’un cadre juridique a donc un impact réel sur le succès des usages de données publiques.

La licence nantaise

La ville et communauté urbaine de Nantes terminent actuellement leur travail de comparaison des licences juridiques applicables pour la mise à disposition des données nantaises.

Dans la continuité de l’ouverture participative de la ville avec les acteurs, nous avons eu une réunion sur le volet licence, durant laquelle nous avons rappelé notre « idéal de licence »:

– Que l’accès et la réutilisation des données publiques soit gratuite, y compris à des fins commerciales, ceci afin d’assurer leur accès à tous, favoriser leur réutilisation ainsi que le développement des porteurs de projets y compris les petits porteurs.

– Que les données soient réutilisables sur des projets libres tels que Wikipedia et Open Street Map qui développent les biens communs en ligne et dont les contributeurs nantais soutiennent l’open data sur le territoire.

– Que la licence soit claire, compréhensible par tous, associée à la plus large réutilisation et donc reconnue à l’international.

Nous avons également précisé que la licence choisie serait très probablement temporaire car les collectivités ont tout à gagner (et attendent même) la création d’un standard sur les licences.

Le choix nantais sera rendu public dans quelques jours, peut-être à l’OpenDataQuiou où vous êtes invités à nous rejoindre si vous passez sur Nantes.

Et demain ?

L‘idée d’une licence européenne semble faire son chemin mais la mission Etalab, chargée de la création du portail unique interministériel des données publiques, travaille actuellement avec l’APIE sur la création d’une nouvelle licence pour le futur portail national data.gouv.fr

Celle-ci pourrait devenir le standard attendu en France pour peu qu’elle réponde aux attentes de gratuité, lisibilité, compatibilité projets libres et cadre international.

Réponse en septembre.

 

[MAJ: Nantes a choisi la licence ODbL, tout comme Paris, CG33/Aquitaine, Brocas]

Read Full Post »

Quelques liens de veille sur la thématique Opendata pour ce début d’avril…


FRANCE

Etalab

Dès sa sortie en décembre 2011, la plateforme nationale «data.gouv.fr » offrira la possibilité aux collectivités territoriales de publier leurs données grâce à un espace dédié.

Etalab a également prévu d’organiser des workshops et hackathons pour faciliter les échanges avec la communauté des développeurs.

Brest

Accroche paradoxale pour une ville engagée de longue date dans le développement des biens communs et de l’accès à l’information publique. Mais c’est désormais une démarche officielle et complète puisqu’après la libération de ses données géographiques en 2009, Brest Métropole Océane vient de nommer un référent opendata qui sera notamment en charge d’élargir les thématiques de données accessibles, au delà des données géographiques.

Rennes

  • Rennes a primé les applications de son concours

Parmi les gagnants : http://www.handimap.org/ qui répertorie toutes les informations utiles sur l’accessibilité ou www.arret-public.fr moteur de recherche unique pour les bus et le métro, avec indication de correspondances, points d’achat de billets, informations en temps réel, etc.

Avec la liste de ses comptes administratifs 2008 et 2009 et de ses budgets primitifs 2010 et 2011 en ligne ici. A cela, vient se rajouter un second jeu de données lié aux budgets annexes renseignant sur les dépenses en eau, en assainissement et autre chauffage urbain. Un troisième jeu concerne les subventions apportées aux associations.

Montpellier

  • Ouverture très prochainement

Montpellier teste sa plateforme de données publiques en accès privé. L’ouverture officielle prévue dans quelques semaines.

Nantes

  • Lancement de l’opendata sur Nantes

Nous organisons le 22 avril à la cantine numérique nantaise une journée de lancement de l’opendata sur Nantes. Pourquoi « lancement » alors que les démarches ont commencé il y a quelque temps déjà ? Parce que pour la première fois nous souhaitons réunir ensemble différents types de valorisateurs (chercheurs, étudiants, développeurs, journalistes, etc)  au lieu de faire des sessions séparées. Parce que pour la première fois nous faisons venir des intervenants pour les former sur des thématiques précises. Parce que pour la première fois, notre M. Opendata viendra s’exprimer sur le plan d’ouverture de la ville… Transversalité, dialogue, coproduction: c’est le début de l’Opendata !

Toulouse

  • Des citoyens toulousains s’emparent de l’opendata

Ils lancent une lettre ouverte à l’attention de leurs élus.

Cliquer ici pour signer la lettre en soutien au mouvement d’ouverture sur Toulouse.

Roubaix

  • On débat sur l’opendata

La fête de l’Internet roubaisienne semble avoir fait une place à l’opendata dans le nord. Alexandre Desrousseaux et Emmanuel Vandamme y plaident pour l’ouverture des données publiques.

Régions: Ile de France et Rhone-Alpes

  • Des démarches en cours

@choblab mentionne que la région Ile de France est bien sur la question de l’opendata, et quelques rumeurs sur des avancées en région Rhône Alpes également.

Bientôt une mise à jour de notre carte contributive de l’opendata en France. N’hésitez pas à y poster vos liens vers des articles mentionnant de nouveaux acteurs.

Et aussi

  • Lancement de DataPublica

Le 22 mars dernier avait lieu le lancement officiel de Data Publica. Voir les différentes étapes techniques qui doivent permettre à Data Publica de s’imposer comme le portail et la place de marché de référence des données en France.

     

  • La transparence fait son chemin

Signe que la transparence est d’actualité, les députés autorisent la publication des comptes rendus de comités secrets… datant de 1870.

ETATS-UNIS

  • Datagov va-t-il fermer ?

Grande polémique des deux dernières semaines, les Etats-Unis envisageraient de fermer la plateforme nationale de mise à disposition de données publiques data.gov ainsi que sept autres sites associés de gouvernement ouvert. Ce sont des coupes budgétaires drastiques qui menacent le site.

Une proposition de budget pour l’année fiscale 2011 émanant de la chambre des représentants est actuellement en négociation au Sénat. Si elle devenait loi dans les jours à venir, le budget alloué au « Electronic Government Fund » passerait de 34 millions de dollars en 2010 à 2 millions de dollars en 2011, ce qui ne permettrait pas de faire vivre le site datagov.

La Sunlight Foundation prend le risque au sérieux et a lancé sur son site une campagne pour sauver les données. Une mobilisation citoyenne est en cours et rappelle que les sommes engagées dans le portail d’offre de données représentent des économies par rapport au système du FOIA pre-existant et que le site est générateur de création d’emplois.

La bonne nouvelle étant que même si le site national fermait, les collectivités continueraient de maintenir leurs plateformes respectives. Mais difficile d’imaginer que les Etats-Unis puissent réellement envisager de fermer un projet phare de l’innovation et du gouvernement ouvert après en avoir été les leaders, d’ailleurs le président américain est prêt à opposer un veto sur cette décision.

  • Plateformes

L’Oregon lance sa plateforme de données sur Socrata

OpenMissouri ouvre ses données « pour les citoyens et journalistes »

Philadelphie prépare sa plateforme pour fin avril

CANADA

Ouverture de la plateforme de NiagaraFalls en beta et la plateforme de Halton

  • Montréal

Le groupe de travail opendata a été créé à Montréal (voir la video de la séance) et son rapport sur la thématique opendata est attendu pour la fin d’année 2011.

Retour sur les étapes : suite à sa création, Montréal Ouvert a eu deux rencontre publiques avec une soixantaine de personnes, a tenu deux hackathons permettant de démarrer de nouveaux projets et ce travail a permis d’aboutir le 22 mars 2011 à un mandat déposé par M. Applebaum, vice-président du comité exécutif de la Ville qui vise à analyser l’ouverture des données détenues par le ville. – Merci à Diane Mercier pour ses retours d’informations –

CHINE

L’opendata arrive en Chine, avec une première plateforme pilote pour Hong Kong.

ESTONIE

Le gouvernement estonien adopte des dispositions en faveur de la réutilisation de données publiques.

ESPAGNE

Téléchargements massifs autorisés par le cadastre espagnol depuis avril

Mise en ligne des plateformes de Castilla de la mancha et de Barcelone

ETUDES

ARTICLES

PROJETS

AGENDA

  • Le concours opendata européen jusqu’au 5 juin 2011

20 000€ de prix en jeu, participez en envoyant vos suggestions ou applications. Les gagnants seront annoncés en juin à Bruxelles.

Le site : http://opendatachallenge.org/

  • Conférence de l’Open Knowledge Fundation sur l’opendata le 30 juin

Plus d’informations sur les thématiques et inscription


Read Full Post »

Retour sur les fondamentaux.

Avec cet article repris sur le blog OKFN qui rappelle ce qu’est et ce que n’est pas l’opendata. L’ Open Knowledge Definition indique globalement qu’une donnée est ouverte quand il est possible d’y accéder, de l’utiliser et de la redistribuer.

Le problème c’est que le terme « opendata » est de plus en plus utilisé pour définir une donnée rendue publique et accessible. Or, si toutes les données ouvertes sont bien disponibles à tous, toutes les données disponibles à tous ne sont pas des données ouvertes.

Rappellons que l’opendata ne se concentre pas sur le type de données à ouvrir mais bien sur la manière dont les données doivent être ouvertes, et selon Opengovdata.org c’est en respectant ces huit principes :

  • Complètes
  • Primaires
  • Opportunes
  • Accessibles
  • Exploitables
  • Non discriminatoires
  • Non propriétaires
  • Libre de droits

EN FRANCE


C’est la fin d’un épisode du mélodrame Loppsi.

Pour rappel, un amendement devait permettre de réaliser un contrôle sur les accès aux données publiques.

Le bug a été résolu, puisque le rapporteur, M. Ciotti, a proposé un amendement qui n’introduisait le contrôle de moralité que sur les données de carte grise. Ces données étant personnelles, elles ne sont pas des données publiques.

Lire l’article de Siliconmaniacs pour un état des lieux actualisé de l’opendata en France.

 

MONTPELLIER

On en parlait, Montpellier se lance !

Le jeudi 16 décembre 2010, le projet Montpellier Territoire Numérique a été présenté au centre Kawenga. Le projet Montpellier Territoire Numérique comprend 4 parties dont le partage de données publiques ou OpenData, Montpellier a donc annoncé son engagement dans cette démarche.

René-Luc D’Hont commente:

Personnellement, l’impression que m’a donné cette présentation est que les collectivités, dont la fonction est de gérer un territoire et qui avait l’habitude de tout voir passer par elles, sont actuellement dépassées par leurs administrées et qu’elles ont perdu le lien avec ceux-ci, à cause ou grâce au numérique. La libération des données s’inscrit donc dans une démarche de re-connection entre les structures publiques et les acteurs d’un territoire.

 

PARIS

  • Paris se dote de la licence ODbL

Le Conseil de Paris a voté une délibération (PDF) approuvant « la licence Open Data » relative à la diffusion par la ville de Paris des données publiques en sa possession».

L’accès libre aux données publiques gérées par la ville de Paris sera donc très bientôt une réalité. Le Conseil de Paris a défini la licence sous laquelle seront publiées ses données, l’ Open Database Licence (ODbL)

L’ODbL est déjà utilisée par la ville de San Francisco. Elle autorise le partage, la copie, la distribution et l’exploitation des données.

« Nous l’avons traduite en français puis adapté au droit français avec la direction juridique de la mairie de Paris et les juristes de la communauté du logiciel libre »

Elle s’appuie sur deux principes fondamentaux :

  • Les données sont réutilisables à des fins commerciales à condition de citer la source, soit la ville de Paris
  • Si les données sont transformées, la nouvelle base doit être republiée sous la même licence

Une entreprise qui ne souhaiterait pas se soumettre à cette condition de partage pourra souscrire auprès de la ville une licence payante non exclusive..

D’ici un mois, la ville de Paris ouvrira un site dédié pour mettre en ligne ses données publiques.

Voir la vidéo de la délibération.

Francois Bancilhon de Data Publica regrette ici l’accumulation de licences utilisées dans l’ouverture. Il y avait déjà la licence IP du Ministère de la Justice, l’ODbL préférée par Paris, et tout cela en plus des licences de l’APIE. Et justement…

Informations publiques dont la réutilisation est gratuite

 

Informations publiques dont seule la réutilisation non commerciale est gratuite et sans condition particulière

 

 

Informations publiques dont la réutilisation est soumise au paiement d’une redevance ou à des conditions particulières

 

 

Le référentiel géographique à grande échelle constitué et tenu à jour par l’IGN sera diffusé au seul coût de reproduction et de diffusion des données concernées dès lors qu’il sera utilisé pour l’exercice d’une mission de service public ne revêtant pas un caractère industriel ou commercial. Cette mesure, prise en application du contrat d’objectifs que l’Institut a récemment conclu avec l’Etat, s’inscrit dans le droit fil des préconisations de l’Union européenne visant à permettre un échange aussi libre que possible des données publiques, notamment des données géographiques, entre autorités publiques.

 

EN EUROPE

 

  • L’Union Européenne va se doter d’un portail européen de données publiques

Neelie Kroes Vice-Presidente de la Comission Européenne en charge de l’agenda numérique l’a déclaré dans son discours du 15 décembre « My vision for eGovernment, and how to make it real »

Son annonce de lancement du plan d’action eGouvernement vise à développer des projets numériques ambitieux en déployant l’évolution des initiatives Egovernment vers le Wegovernment.

« Nous ne demanderons pas aux autorités locales, régionales et nationales de mettre en place des méthodes et infrastructures que nous ne serions pas prêts à déployer nous-mêmes. Cela implique que la Comission elle-même rationalisera sa présence en ligne, et adoptera une stratégie opendata pour encourager les efforts collectifs »

Les experts considèrent qu’un portail européen ajoutera de la valeur aux initiatives existantes en améliorant la transparence et en stimulant les opportunités économiques liées à l’ouverture des données publiques.

Voir le rapport du workshop sur les objectifs et impératifs du portail pan-européen.

Ce rapport repris sur OKFN identifie différentes raisons de créer ce portail :

 

1. Pour les citoyens européens

  • Centraliser l’accès aux informations européennes
  • Faciliter l’émergence de services aux citoyens
  • Rendre visible les initiatives sur l’opendata pour promouvoir le mouvement

2. Pour les administrations

  • Favoriser l’interopérabilité
  • Améliorer les possibilités de comparaison entre les données européennes
  • Réduire les coûts
  • Eviter les coûts de republication des informations officielles
  • Impliquer les citoyens européens dans le dialogue
  • Assurer un service efficace de mise à disposition des informations sollicitées

3. Pour le développement économique

  • Organiser la mise à disposition de ressources pour le développement des entreprises
  • Soutenir les initiatives européennes innovantes
  • Mettre en place des services et analyses qui favoriseront le développement économique
  • Harmoniser les standards européens

 

Un groupe de travail devrait être créé pour développer ce projet afin d’obtenir les premiers résultats dès la mi 2011.

Lire également l’interview de Jonhatan Gray sur Eurostat et le portail pan-européen de données

 

  • Europeana toujours plus fournie

Europeana est une bibliothèque numérique européenne financée à 80% par l’Union Européenne.

Elle permet d’accéder à plus de 14 millions de livres numérisés, de cartes, photographies, films, musiques et peintures en ligne venant tous d’institutions culturelles européennes.

Il ne s’agit pas d’opendata puisque la licence de réutilisation correspond à du CC by-nc-sa (et qu’il faut s’inscrire en ligne pour y accéder) mais c’est un bel exemple de partage de données. A noter que la France est le premier pays contributeur de la plateforme (18% des données).

 

ETUDES

 

  1. Socrata’s Open Governement Data Benchmark Study

A lire absolument !

Issue d’un sondage commissionné par Socrata auprès de 1000 citoyens américains, 300 fonctionnaires et 50 développeurs d’applications, vous y trouverez de nombreux chiffres, parfois surprenants, sur la perception du gouvernement ouvert et de l’opendata.

Question aux développeurs: « Qu’est ce qui vous motive le plus pour développer des applications? »

  • Gagner de l’argent (2,6%)
  • Autres (15%)
  • Soutenir l’idée du gouvernement-plateforme (18%)
  • Parce que c’est cool (20%)
  • Impacter la vie quotidienne avec mes applications (43,6%)

 

Pour nos amis politiques:

A la question « Serais-je plus favorable à l’idée de voter pour un politicien qui soutient l’opendata ? » La réponse est OUI à 61%.

Voir l’article de Radar sur l’opendata study.

 

ARTICLES DIVERS

 

A associer avec le New York Transit Data et le cas Openplans

La carte des métros londoniens avec leurs déplacements en temps réel avait été mise en ligne en juin dernier mais avait rapidement été submergée par les millions de requêtes quotidiennes.

Désormais les transports de Londres sont passés par Windows Azure pour assurer la mise à disposition de leurs données en temps réel et ce service est donc de retour en ligne.

Vous trouverez désormais les données du journal à l’adresse guardian.co.uk/data, nouveau portail.

Des codeurs et designers se sont retrouvés lors de l’Eurostat Hackday pour creuser les Eurostat data, la plus grande source de données statistiques européennes.

 

GUIDES ET ETUDES

Quelles données ouvrir ? Lesquelles ne pas ouvrir ? Comment publier les données ? Quel format ?

Quels outils mettre en place pour ouvrir son autorité ? Quels usages ? Recommendations.

Lire le rapport ici.

 

QUELQUES PROJETS

VIDEOS

Elle dure deux heures mais quelques informations intéressantes et un débat de qualité.

Les 4 leçons de Tocqueville appliquées à l’opendata (Tocqueville 2.0)

1: Un nouveau continent à explorer

2: Reconsidérer le rôle de la presse

3: Des outils pour moderniser la démocratie

4: Les gouvernements moteurs du progrès

Charles Nepote est intervenu à l’atelier sur la diffusion et le réutilisation des données publiques avec cette video.

Read Full Post »