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Le vendredi 9 décembre, Libertic était présente au Sommet Mondial du Partenariat pour une Gouvernance Ouverte afin d’y présenter une démarche collaborative d’ouverture de commune. L’occasion de faire un bilan du chemin parcouru, de nos initiatives liées au sujet et d’annoncer un nouveau site international pour les Opérations Libres.

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L’évènement PGO, Cop21 de la démocratie, a donné à voir les projets à travers le monde qui placent la transparence de l’action publique (dont ouverture de données) et l’implication des habitants et usagers dans l’amélioration des services publics au centre de leur stratégie de modernisation de l’action publique par le numérique.

Que de chemin parcouru depuis 2013, année du sommet PGO à Londres durant lequel nous participions à la délégation française envoyée pour « étudier l’opportunité de rejoindre le mouvement ». Après avoir raté le train de départ, la France rattrape donc son retard en s’investissant sur le sujet, malgré des bémols soulignés par la société civile.

Avec (notamment) la loi pour une République numérique et la généralisation de l’ouverture de données, la France s’arme d’une politique des plus ambitieuses en matière d’extension de l’open data et transparence. Axelle Lemaire a annoncé un budget de 3 millions d’euros pour assurer le service public de la donnée. Il sera notamment alloué à la création d’outils de sécurisation de la diffusion, d’interopérabilité et convergence des données notamment via le sémantique. Un plan qui souhaite clairement dépasser la simple publication massive de données pour orienter une structuration.

Par contre, niveau Gouvernance Ouverte globale, induisant l’implication des habitants et usagers dans la coproduction de services et systèmes décisionnels politiques, les freins culturels sont toujours bien d’actualité parmi les élus. La France est restée coincée sur l’étape 1 du plan global.

Seule la ville de Paris s’est officiellement engagée sur le sujet. Elle en a profité pour annoncer son plan de Gouvernance Ouverte. Ce document synthétique semble être son plan et sinon pour rappel, celui de Nantes co-créé entre habitants dès 2014 avait lui été classé sans suites… Il est disponible ici (PDF) et le processus global est synthetisé sur le site Atelier de la Gouvernance.

MAIS QUE FAISIONS-NOUS AU PGO ?

Nous y présentions avec le département de Loire-Atlantique les retours et recettes des Opérations Libres, dont voici le support. L’occasion d’annoncer le lancement du site international dédié au projet: FREE-MISSION.org pour faciliter la reprise de ce format d’ouverture des petites communes à l’étranger. Vous souhaitez contribuer à le traduire ? Contactez-nous !

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Vidéo de Présentation Opération Libre

LIBERTIC PARTICIPE AU PROJET PILOTE D’EXTENSION DE L’OPEN DATA EN FRANCE

Enfin, ce retour sur les Opérations Libres nous permet d’annoncer la participation de Libertic aux territoires pilotes annoncés par Axelle Lemaire sur le sommet PGO. Nous travaillerons sur 2017 en lien avec le département de Loire-Atlantique au prototypage d’ouverture d’une commune locale, avec notamment la création de wiki territorial et ouverture de jeux de données essentiels, avant d’envisager la généralisation au territoire.

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Ferris wheel shame, by Patrick M – cc-by-nc-sa via Flickr

La France et ses acteurs ont souvent été rares dans les événements internationaux dédiés à l’open data. A croire que nous ne savons pas vendre les projets locaux – qui ne manquent pas – sur les affiches des conférences internationales ou sur des événements tels les Open Data Awards, aucun lauréat français. Ce qui peut porter à confusion, avec des messages comme :

 

Et pourtant non, le mouvement est toujours bien en marche et de nettes avancées sont à noter. De nombreuses initiatives seraient même à faire valoir sur les prochaines actualités, pour peu que l’on se mobilise.

 

Quelques preuves du dynamisme de l’open data en France

Deux opportunités

  1. La présidence de la France à l’Open Government Partnership pour 2016 serait une première occasion de mettre ces actions en avant. Pour peu que l’on ne reste pas sur de l’affichage.
  2. La rencontre mondiale des acteurs de l’open data en Octobre à Madrid constitue une seconde opportunité de valorisation. Pour l’instant, aucun acteur français n’y a déposé de dossier d’inscription. Un appel à projets est pourtant ouvert et facile d’accès.

 

Appel à actions

Vous avez un projet autour des données ouvertes, prenez 2 minutes pour le proposer à Madrid !
Vous avez d’autres suggestions de projets open data français à valoriser ? Postez votre liste en commentaire:)

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Depuis 2010, l’association Libertic invite régulièrement les internautes et membres de la communauté open data à remonter les initiatives en matière d’ouverture de données publiques en France afin d’en réaliser une cartographie et suivre les avancées du mouvement.

 

Les initiatives sont cartographiées sous 3 catégories

  • Administrations publiques « en cours d’ouverture » (annonce publique et lien vers un site)
  • Administrations publiques « déjà ouvertes » (lien vers la plateforme de données)
  • « mouvement citoyen » sur un territoire (lien vers un collectif actif)

Si vous avez des suggestions de correctif ou d’amélioration du format actuel de la carte, n’hésitez d’ailleurs pas à les remonter sur ce blog.

 

La dernière version de la carte (la V4) a été mise à jour en janvier 2012 et est déjà obsolète.

Nous convions donc de nouveau la communauté à remonter les nouvelles initiatives identifiées en matière d’ouverture de données publiques.

 

Votre collectivité ou vos services s’engagent dans une démarche d’ouverture ?

Faites le nous savoir !

 

La nouveauté

En décembre dernier, une équipe de volontaires avait décidé de simplifier la collecte de ces informations en développant le site Open Data Map lors d’un hackathon. Désormais, vous pouvez remonter les initiatives d’ouverture de données publiques et de mouvement citoyen directement sur ce site.

 

 

Les avantages

  • La possibilité de collecter plus d’informations

Non seulement les listes des plateformes développées mais également leurs caractéristiques (licence, nombre de jeux de données, thématiques des données, support technique, formats, contacts, etc)




  • La restitution en open data de toutes les données collectées

Le site, lui même sous GPL, permet de remettre toutes vos contributions collectées à disposition de tous et sous forme de données libres. Un lien de téléchargement des données se trouve en bas de page d’accueil.

 

Passez sur le site remonter vos informations et faire un état des lieux de l’open data en France !

Attention: La carte actuelle sur le site Open Data Map n’est pas à jour et il conviendra de vérifier l’exactitude de chacun des retours.

 

Merci d’avance de vos retours qui permettront la publication de la V5 de cette carte dans les semaines qui viennent 🙂


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Parmi les promesses soutenues par le mouvement de l’ouverture des données (Open Data), la mise à disposition des données publiques ouvertes serait un concept porteur de nombreux bénéfices pour le citoyen : manne d’informations utiles, lisibilité de l’action publique, accessibilité des services publiques, pouvoir de participation aux débats démocratiques… Pourtant, malgré des initiatives croissantes en France et le lancement d’une plateforme nationale de données publiques, ledit citoyen paraît encore bien éloigné du mouvement et ignore souvent tout de ses principes voire de son existence. Comment expliquer ce paradoxe ?

 

  • Une donnée n’est pas une information

Le discours sur les données publiques soutient la promesse d’un renouvellement du savoir et du pouvoir par l’accès aux données par le plus grand nombre. Or l‘open data est une démarche de publication de donnée brutes qui s’adresse à une communauté réduite capable d’interpréter ces données. La complexité de certains formats et la structuration métier de certaines données les rend bien souvent inintelligibles au citoyen.

C’est pourquoi des citoyens très particuliers, les développeurs, statisticiens, designers, journalistes de données ou tous autres individus possédant des compétences techniques et analytiques sont sollicités pour donner du sens à la démarche d’ouverture de données et développer services et informations à destination du citoyen. Ce dernier est alors relégué au statut d’usager des services produits par les intermédiaires.

Si la promesse de l’open data en terme de création de services pour les citoyens semble se développer, le passage par cette phase d’interprétation a deux effets collatéraux: il occulte l’étape d’ouverture de données qui reste inconnue du plus grand nombre et il relègue le citoyen au statut de simple consommateur.

 

 

 

  • L’aspect démocratique n’est pas une priorité

La promesse de participation démocratique via l’open data est également biaisée. Elle repose à la base sur l’idée d’accroître le pouvoir et la connaissance des citoyens en rendant accessibles des données permettant de nourrir le débat public. La disponibilité des données budgétaires, de la répartition des subventions, des données sur la vie des quartiers ou les marchés publics permettrait une réappropriation, si ce n’est par le citoyen, du moins par les journalistes pour rendre l’action publique plus lisible.

Or ces données relevant de la vie publique sont encore rarement disponibles. La plateforme de Montpellier, probablement le projet open data le plus abouti en France, ne publie à ce jour aucune donnée financière sur l’administration de la ville. Les quelques publications existantes, dont celles sur la plateforme nationale data.gouv.fr, présentent une granularité souvent faible, laissant peu de place à une vision précise des actions entreprises. Il n’existe en France aucune démarche de « portails de transparence », tels que ceux développés aux Etats-Unis, destinés à l’hébergement exclusif de données budgétaires sur une granularité très fine.

La démarche du Conseil Général de Saône et Loire est la seule ouverture dont la communication se base sur une tentative de transparence de l’action publique. Mais de manière générale, force est de constater que les administrations engagées dans l’open data en France priorisent la mise à disposition de données facilitant le développement de services et applications mobiles, au détriment des données axées citoyenneté et vie publique ou toute donnée pouvant susciter débats.

Le manque de volonté politique et la carence en données disponibles limitent la participation citoyenne tout en contribuant à cloisonner l’open data à un cercle d’initiés.

 

  • La diffusion au détriment de la participation

Au delà de la simple publication, l’ouverture des données serait sensée refléter un nouveau positionnement de l’administration désormais « transparente » et axée vers le citoyen-usager. Le système bureaucratique, cloisonné et contrôlé serait transformé en système ouvert, avec des pratiques de partage et la prise en compte des retours. Le citoyen ne serait plus condamné à la passivité mais disposerait de canaux de communication facilitant son implication et la valorisation de ses contributions pour coproduire les services.

Ainsi au Canada, la plateforme http://budgetplateau.com/ d’un quartier de Montréal s’appuie sur les données budgétaires locales pour proposer un outil ludique permettant aux citoyens de proposer de nouvelles répartitions budgétaires sur la ville. La donnée devient prétexte à intégration des retours et coproduction des territoires entre administrations et citoyens.

En France, la plateforme de l’Etat n’intègre actuellement aucun canal de partage et de prise en compte des contributions, annihilant de fait une possibilité de participation et intégration du citoyen. Et si la plupart des autres plateformes open data possèdent des forums, ce ne sont pas des espaces de débats autour de l’interprétation des données mais des lieux d’informations sur les documentations techniques.

Absence de dispositifs participatifs, absence même des référents et services liés à la citoyenneté, participation, agenda21 dans les démarches d’ouverture… Autant de signes qui démontrent qu’il n’est pas question ici de profiter de l’open data pour inciter à une participation massive voire déléguer une forme de pouvoir au citoyen. Qu’il soit affiché sous forme de démocratie participative ou d’innovation ouverte, l’aspect démocratique de l’open data se cantonne en France à une posture de communication puisque la publication de données brutes s’adresse une fois encore aux experts.


  • L’open data ne s’adresse pas aux citoyens

Le mouvement open data a besoin de valorisateurs de données, capables de leur donner un sens. Il  érige donc les développeurs en sauveurs de la démarche et sacralise le technicien. Ces « citoyens » capables de donner du sens aux données ont cependant des compétences déterminantes qui les distinguent du reste de la société. ce qui constitue une réelle problématique. D’abord parce que les territoires ne possédant pas un nombre suffisant d’acteurs compétents auront du mal à provoquer la valorisation de leurs données. Ensuite, parce que l’on sait que les besoins en terme de compétences de développement vont très prochainement dépasser le seuil des compétences disponibles. Il faudra donc rapidement trouver des solutions permettant à une plus vaste population de réutiliser les données. Enfin, parce que l’une des promesses de l’open data était de rendre au citoyen une partie du pouvoir de décision en lui permettant d’accéder aux données qui constituent la base des décisions publiques. Or ce pouvoir se trouve de nouveau entre les mains d’intermédiaires.

 

  • Quel rôle donner au citoyen ?

Les données brutes ne sont pas destinées au grand public. Pour satisfaire les promesses de transparence, lisibilité de l’action publique et aspect démocratique, les initiatives doivent aller au delà de la simple publication et intégrer un travail sur l’insertion numérique, l’accessibilité des données, les animations, la coproduction, etc. Cette stratégie globale (gouvernance ou innovation ouverte) suppose cependant d’apposer sur le citoyen une autre étiquette que celle d’usager ou consommateur.

  • Valorisateur de données?
  • Coproducteur ?
  • Participant au débat public ?

Nous aborderons prochainement sur Innovcity  des exemples concrets de démarches entreprises par quelques administrations pour inclure le citoyen dans le schéma de l’open data.

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Le 1er février 2012, l’association Libertic conviait à Paris, dans les locaux mis à disposition par la FING, les pilotes des différents projets open data identifiés à ce jour. L’objectif était d’envisager des harmonisations et mutualisations dans leurs démarches afin de favoriser le développement du mouvement en France. L’approche consistait à offrir un cadre de réflexion et d’échange pour que les participants puissent travailler sur leurs problématiques actuelles et proposer des solutions collectives.

Voici le compte-rendu de cette rencontre.

 

Liste de présence

 

  • Villes ou Communautés Urbaines : Brest Métropole, Brocas, Grand Toulouse, La Rochelle, Montpellier, Nantes et Nantes Métropole, Paris, Rennes Métropole
  • Départements : Gironde, Loir-et-Cher, Loire-Atlantique, Maine et Loire, Saône et Loire
  • Régions: Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur
  • Etat : Mission Etalab
  • Organismes : Libertic, FING, CNIL, VVL, Pilote41

 

Présentations et description des démarches respectives

 

  • Conseil général de Loire Atlantique (CG44)

L’ouverture du site open data du CG44 est prévue pour mars 2012. La communication du projet se fait actuellement sur http://datablog.loire-atlantique.fr. Le projet s’inscrit dans un cadre de mutualisation technique avec la ville de Nantes et Nantes Métropole. La licence choisie est l’ODbL.

Il y aura 150 jeux de données sur des thématiques variées : environnement, citoyenneté, finances, institutions, territoire (zonage). Un travail est en cours avec des partenaires privés et associatifs pour accueillir leurs données.

 

  • Ville de Nantes et Nantes Métropole

Le site http://data.nantes.fr a ouvert en novembre 2011. Il se base sur la Solution In Cité, également utilisée sur le projet rennais.

Une quarantaine de jeux de données sont actuellement disponibles en ligne, de nouvelles données sont en cours d’ouverture. Une V2 du site sera disponible fin 2012. Les équipes travaillent actuellement sur des outils de visualisation et les métadonnées.

La Métropole travaille en coproduction avec les acteurs du territoire et l’association Libertic sur l’animation du territoire et des réutilisateurs de données (formations outils, barcamps, etc.).

 

  • Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur

La délibération de la région est passée fin 2011 pour l’ouverture des données. Un portail open data est prévu pour mi-2012. La licence choisie est la Licence Ouverte d’Etalab.

 

  • Conseil Général de Loir-et-Cher (CG41)

La démarche a été lancée en décembre 2011 en partenariat avec l’Observatoire de l’économie et des territoires. Les données sont disponibles sur http://www.pilote41.fr, sous Joomla avec un géo-portail et géo-catalogue. Les données sont également disponibles sur http://www.data.gouv.fr/

La licence utilisée est la Licence Ouverte d’Etalab. Un appel à projets sera lancé au printemps 2012.

 

  • Ville de La Rochelle

Projet d’ouverture actuellement en cours. Les étapes sont la validation des lots de données (thèmes citoyenneté, déplacement, espace public, finance, jeunesse, sport, culture, urbanisme, référentiels géographiques) puis le développement d’un site web dédié et d’une application mobile de référence. Un appel à projets (dotation 15 000 euros) sera également lancé.

Lancement du projet en avril 2012 avec un développement de partenariats : Communauté d’Agglomération, Université, entreprises de la filière TIC. Les données seront distribuées sous licence ODbL.

 

  • Brest Métropole

Brest Métropole a déjà une culture d’ouverture de données : SIG et données environnementales ouvertes. Un projet de crowdsourcing (équivalent fixmystreet) a également été développé. Vers mai 2012, la Métropole lancera un projet Data Horizon avec la localisation temps réel des véhicules. Brest inaugurera également une cantine en février.

 

  • Conseil Général de Gironde (CG33)

Le portail http://datalocale.fr accueille un projet de mutualisation des données de différents niveaux de collectivités (Bordeaux, Gironde, Aquitaine). Le portail a une page d’auto-évaluation des bonnes pratiques de publication de données, basée sur le référentiel open data de Temesis et accessible à http://datalocale.fr/bonnes-pratiques . Le site héberge également un jeu de données sur les jeux de données disponibles.

 

  • Conseil Général de Saône et Loire (CG71)

Le site a été lancé en septembre 2011 et est disponible sur www.opendata71.fr. Il intègre un outil de visualisation de données en ligne et une interface professionnelle. Une soixantaine de jeux de données sont accessibles (transparence financière, tourisme, transport, archives, environnement, catalogue bibliothèque, documentation départementale agriculture…) A l’horizon fin 2012, il y aura 2 To de données en ligne.

L’équipe travaille à fédérer les données du territoire de la Saône et Loire et sans doute au delà: publiques, privées, citoyens. Un comité d’éthique a été constitué avec des citoyens, journalistes, magistrats pour accompagner la mise à disposition de données. Un appel à projets est actuellement en cours.

 

  • Grand Toulouse

Le Grand Toulouse a ouvert ses données en octobre 2011. 31 jeux de données sont actuellement en ligne. Il y a eu des échanges avec le collectif citoyen local, concernant notamment l’intégration des données pour Open Street Map. Un travail est en cours sur la base de référence des adresses précision au mètre.

L’opérateur de transport local est également impliqué dans la démarche et deux communes ont délibéré et vont rejoindre prochainement http://data.grandtoulouse.fr

 

  • Rennes Métropole

Rennes fut pionnière en matière d’ouverture de données avec une première version en avril 2010. Aujourd’hui, 150 jeux de données sont en ligne. Un concours d’applications a été lancé et une quarantaine d’applications ont été créées, principalement sur l’axe mobilité.

Les problématique actuelles tournent autour des questions suivantes: comment animer la communauté par la suite ? Comment durer dans le temps ? Quelles futures applications ? Un chantier de visualisation de données est en cours. Il va s’agir également de récolter des données qui ont une utilité sociale, tout en étant confrontés à une difficulté d’appropriation des données de la part des développeurs en raison de l’hétérogénéité des structures de données publiées par les collectivités.

Un questionnement est en cours pour un changement de licence (actuellement Rennes en Accès Libre).

 

  • Conseil Régional d’Aquitaine

PIGMA est une plate-forme de partage d’information SIG entre collectivités publiques (pas forcément open data) en Aquitaine mais 24000 fiches patrimoniales sont en cours de publication sur www.datalocale.fr

Une mission inter-services est animée par la délégation TIC du CRA pour faire l’inventaire des données notamment dans les thématiques de l’environnement (directive INSPIRE) et du transport (données TER non disponibles actuellement).

A venir, le lancement d’un marché d’amélioration d’Open Street Map.

 

  • Brocas

Brocas est une petite commune de 800 habitants dans les Landes. Un gros travail de sensibilisation a eu lieu au cours du second semestre 2011 pour inciter à l’ouverture. En 2012, il sera prévu l’ouverture des données sur les thématiques suivantes : finance, tourisme, travaux, puis lancement officiel de la plateforme sur le 1er trimestre 2012.

La plateforme actuelle est sous Drupal et la licence utilisée est l’ODBL : http://opendata.brocas.fr/

 

  • Etalab

La mission Etalab est en charge de la coordination du travail d’ouverture des administrations et du développement de http://www.data.gouv.fr/ La mission voit en cette rencontre l’occasion de mieux définir les problématiques locales afin de soutenir le développement de l’open data.

 

  • Paris

La ville a ouvert ses données début 2011 et a mis en place un catalogue des jeux de données.

Actuellement, 43 jeux de données sont disponibles en ligne sur http://opendata.paris.fr/

 

  • Conseil Général de Maine et Loire (CG49)

Le Conseil Général a lancé son appel d’offres sur la base de la plate-forme Typo3 d’In-cité (utilisée par Rennes, Nantes, CG44).

Le projet est en phase de démarrage avec l’inventaire des données disponibles.

 

  • Montpellier

Le projet http://opendata.montpelliernumerique.fr/ a ouvert en mars 2011 en Béta (aspect itératif du développement) et comprend désormais une soixantaine de jeux de données en ligne. Un jeu sur les jeux de données est également disponible.

La ville a travaillé avec Datalift sur la sémantisation (standards W3C). Les formats des métadonnées: Texte + RDF + CSV. La ville travaille sur les subventions pour les porteurs de projets open data (à hauteur de 5 à 10k€) et recherche des relais dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

Une opération mapping-party a été organisée pour répertorier les zones d’accessibilité dans Open Street Map. Les données sont d’abord intégrées dans OSM puis ont vocation à être intégrées au sein du système informatique de la ville.

 

Source: Alexandre Quintard

 

 

Atelier de la matinée : identifier des problématiques

Les participants se sont répartis en quatre groupes afin de lister les problématiques communes et questions en cours qui pourraient être résolues par une action collective. Les thématiques soulevées sont les suivantes :

 

Problème de lisibilité

  • Comment aiguiller le citoyen dans le millefeuille des collectivités ?
  • Quelle échelle territoriale pour l’ouverture des données ?
  • Comment éviter de trop multiplier les portails tout en permettant à chaque acteur une communication et une animation spécifique ?
  • Comment référencer les jeux de données des autres collectivités ?

 

Problème de démocratisation du concept

  • Comment communiquer et intéresser les acteurs locaux (y compris le grand public) à la démarche open data ?
  • Comment démocratiser le concept ? Avec quels outils ?
  • Est-ce que la visualisation est un levier d’appropriation ? Si oui, comment la développer ?

 

Problème de normalisation

  • Comment harmoniser les formats ?
  • Quels standards de structuration de données ?
  • Quelles sont les données les plus attendues et prioritaires dans la normalisation ?

 

Problèmes juridiques

  • Comment ajouter des clauses-types open data aux délégataires de service public ?
  • Comment rajouter des clauses pour l’acquisition d’applications open data ?
  • Comment définir sa licence ? Besoin d’un comparatif clé en main ?

 

Problèmes de développement

  • Comment soutenir le développement économique des réutilisateurs ?
  • Quels sont les modèles économiques identifiés ?
  • Quelle est la typologie des utilisateurs et leurs sous groupes ?
  • Comment pérenniser les démarches d’ouverture ? Quelle gouvernance ? Quelles animations ? Auprès de quels publics ?
  • Comment intégrer les données des citoyens dans les services informatiques des collectivités ?

 

 

Atelier de l’après-midi: identifier des solutions mutualisables

Sur l’après-midi, deux experts juridiques ont rejoint le groupe : Benjamin Jean (Veni Vidi Libri) et Delphine Carnel (CNIL) qui sont intervenus notamment sur la question de distinction entre les trois axes de l’accès à l’information : Communication, Publication, et Réutilisation qui ne sont pas les mêmes notions. Exemple des bans de mariage avec l’obligation de communication, ce qui diffère d’une publication en ligne où le droit à l’oubli est souvent omis.

Certains participants ont ensuite présenté des projets en cours qui pourraient être mutualisés.

 

  • Marché des applications Open Data

Jean-Marie Bourgogne (Montpellier) propose la création d’une place de marché des applications open data (openappstore). Une forme de appstore qui référencerait les services issus de l’open data, sur le modèle OSM : http://wiki.openstreetmap.org/wiki/List_of_OSM_based_Services

Cela implique de faire une liste des applications open data existantes mais permettrait d’identifier quelles sont les données les plus valorisées et sur lesquelles un travail d’harmonisation serait prioritaire. Le tableau de travail collaboratif est disponible à l’adresse suivante, vous pouvez y rajouter les applications et services manquants.

 

  • Référentiel de bonnes pratiques

Pascal Romain (CG33) propose d’utiliser le référentiel des bonnes pratiques d’une démarche de publication de données (72 critères développés par Temesis). L’outil Opquast reporting est mis à disposition des collectivités pour auto-évaluer leurs démarches: https://checklists.opquast.com/opendata/workshop/ L’usage d’un outil commun d’évaluation permettrait de tracer une feuille de route et objectifs communs pour le développement des démarches.

Jean-Marie Bourgogne propose également de partager les indicateurs du projet open data de Montpellier.

 

  • Dataset des Datasets

Jean-Philippe Clément (Paris)  propose la mise en place d’un jeu de donnée des données: Dataset des datasets pour chaque portail ainsi que sa normalisation pour organiser la standardisation.

Un objectif fort en 2012 : une fiche de métadonnées commune pour chaque jeux de données ? Se fixer 3 jeux de données sur lesquels standardiser la sémantique ? Transports, services publics (ERP fichier des équipements, services de proximité), finances, adresses (compatible INSPIRE). Il propose de travailler sur DCAT cette année.

 

  • Observatoire de l’Open Data

Claire Gallon (libertic) propose un site commun de l’open data sur l’exemple de Proyecto Aporta en Espagne. Ce site met à disposition une veille, des supports pédagogiques et est un lieu de partage d’outils qui a vocation à faciliter la mutualisation et le développement des initiatives d’ouverture des administrations publiques. www.aporta.es

Suite à ces présentations de projets, des échanges ont eu lieu portant sur des suggestions de solutions communes :

– Créer une liste des moyens pédagogiques, techniques et normatifs d’un projet

– Créer une clause Open data type pour les marchés publics

– Lister le cadre légal et obligations CNIL

– Définir les avenants pour les clauses (méthode et périodes favorables, leviers)

– Développer l’interopérabilité et les notices de données

– Faciliter la sémantisation

– Harmonisation de l’accès aux données avec 5 couches : le modèle de développement ; le modèle de description des jeux de données ; sémantique ; contenant

– Harmoniser l’ouvertures sur les données les plus réutilisées pour soutenir le développement économique des structures réutilisatrices

 

Création de groupes de travail

La fin de journée s’est terminée par la création de différents groupes de travail pour approfondir les questionnements et développer des solutions mutualisables pour la suite.

 

  • Groupe Vulgarisation

Développement d’outils pédagogiques de démocratisation de l’open data (par cible, par thème)

  • Groupe Juridique

Créer un guide pour améliorer la compréhension du cadre légal, faciliter la modification des clauses et le choix des licences

  • Groupe Normalisation

Développer une normalisation sur des données clés et un jeu commun des datasets

  • Groupe Pérennité et Animation

Identifier les bonnes pratiques d’animation des démarches open data après l’ouverture

  • Groupe Indicateurs

Identifier des critères d’évaluation d’une démarche open data

  • Groupe Outils collaboratifs

Développement d’outils collaboratifs pour poursuivre les échanges en ligne : documents, mailinglist, etc.

 

Conclusion

Cette journée a été l’occasion de constater la volonté forte des administrations de mutualiser les pratiques, faciliter la réutilisation et soutenir le développement des services à travers des actions communes. Une nouvelle rencontre entre administrations ouvertes aura lieu sur l’année 2012 pour faire un point.

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Le 9 décembre 2011, nous participions à une rencontre sur Bordeaux dans le cadre des conférences Metronum dédiées à l’open data. Celles-ci se sont prolongées d’un échange avec le public qui a vivement interpellé les collectivités sur le besoin d’harmonisation entre les différentes initiatives open data.

 

L’harmonisation des formats

Aujourd’hui de même jeux de données sont mis à disposition sous des formats différents selon les collectivités. Cette diversité représente un frein à la réutilisation et complexifie les démarches d’appropriation des données. Favoriser la mise à disposition sous des formats similaires contribuerait à faciliter le travail de réutilisation des données. Les collectivités ont donc tout intérêt à échanger et collaborer entre elles afin d’atteindre les objectifs attendus par toutes, notamment en terme de développement de services.

 

L’harmonisation des plateformes

Certaines collectivités développent la mutualisation de plateformes de données (CG33 avec l’Aquitaine, Nantes Métropole avec le CG44 qui ont repris la plateforme rennaise) mais il existe une diversité de plateformes technologiques.  Il existe également différentes formes d’urls pour les plateformes (opendata.ville ou data.ville, et autres) qui rendent peu accessibles les données disséminées sur le web. Mettre en place quelques standards permettrait de simplifier les accès.

 

Mutualisation de pratiques

Chaque administration consacre des heures quotidiennes à la veille sur la thématique open data, chacune reproduisant le même travail de manière isolée. De nombreuses pratiques pourraient être mutualisées, représentant un gain de temps et d’argent pour tous, tout en favorisant l’essor de l’open data en France.

 

Harmoniser sans pénaliser

Nous évoquons ici quelques exemple d’harmonisations possibles, cependant la standardisation représente dans certains cas un frein à l’innovation. Standardiser les formats signifie standardiser les formes de réutilisation possible. Standardiser les plateformes signifie standardiser les fonctionnalités tandis que de nouvelles apparaissent chaque semestre.

Au delà d’un objectif peu réalisable d’harmonisation globale, il nous semblait cependant intéressant de réunir pour la première fois les pilotes des différents projets open data afin qu’ils apprennent à se connaître, pour faciliter les mutualisations futures et évoquer ces problématiques.

 

1ere rencontre inter-administrations ouvertes

Nous avons donc profité de l’interpellation du public pour convier les collectivités et l’Etat à une première rencontre entre administrations ayant ouvert leurs données ou s’apprêtant à le faire. L’invitation a été chaleureusement reçue et cette rencontre d’une journée aura lieu le 1er février 2012 à Paris.

(MAJ: suite aux nombreuses sollicitations, nous précisons que cette première rencontre n’est pas ouverte au public, il s’agira d’un échange entre administrations ouvertes)

 

Objectif

Rencontre et échanges sur les différentes initiatives d’ouverture (ou en cours d’ouverture) de données publiques : envisager des mutualisations et harmonisation de certaines pratiques pour favoriser le développement de l’open data et de la réutilisation des données ouvertes en France.

Voici la liste des participants ayant confirmé leur présence:

Rennes Métropole, Paris, Nantes Métropole, Conseil Général de Saône et Loire, Conseil Général de Gironde, Conseil Général de Loire Atltantique, Brest Métropole, Grand Toulouse, Brocas, Conseil Général du Maine et Loire, La Rochelle, Ville de Montpellier, Région Aquitaine, Communauté Urbaine de Bordeaux, Conseil général du Loir et Cher, Région Paca, Longjumeau, Etalab

 

Appel à contributions

L’open data vous intéresse et vous avez des suggestions à émettre pour cette réunion: types de formats à privilégier, les données prioritaires à mutualiser, suggestion d’outils, procédures, autre… Des problématiques qui pourraient être solutionnées grâce à une action collective des administrations ?

Faites nous part de vos commentaires que nous transmettrons le 1er février !

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Ce billet d’humeur est inspiré de l’article « Gobierno abierto y crisis economica » adapté au contexte français, avec l’aimable autorisation de son auteur Antoni Gutiérrez-Rubí.

 

Alors que la France vient de perdre son triple A, les conséquences possibles de cette annonce (durcissement des conditions d’emprunt, hausse des taux d’intérêt, restrictions budgétaires) imposent plus que jamais la nécessité d’adaptation du fonctionnement des services publics à une conjoncture de majoration des dépenses sociales et de diminution des recettes fiscales.

L’impact de la crise sur le déficit publique devrait placer au cœur de l’actualité le débat sur la complexité et l’inadaptation de notre système d’administration publique hérité du 19eme siècle dans un 21eme siècle toujours plus rapide et connecté.

 

Les administrations du 21e siècle subissent des pressions de plus en plus fortes pour faire plus avec moins de moyens. Le monde technologiquement sophistiqué d’aujourd’hui exige des administrations qu’elles le soient tout autant. Les citoyens et parties prenantes de plus en plus connectés demandent à leurs administrations de leur fournir des services plus rapides et plus efficaces. Or l’administration de demain ne peut pas produire les résultats attendus sans rompre avec l’ancien modèle bureaucratique. Ces anciens procédés limitent le champ d’action des administrations ainsi que la rapidité et l’exhaustivité de leurs interventions. Le modèle conventionnel des administrations travaillant en vase clos, dans un environnement où chacun gère ses propres connaissances et informations devient obsolète. Les hiérarchies et procédures traditionnelles au sein du secteur public se voient contraintes à évoluer.

Extrait de l’étude Deloitte : Provoquer ou subir le changement

 

Repenser le service public

La qualité de l’administration et du service public est jugée à travers la satisfaction des citoyens en matière de vie démocratique, et de services fournis. Or tout cela est aujourd’hui questionné.

Une étude récente du CEVIPOF relayée par Transparence Internationale France fait ressortir une défiance massive de 83% des français envers la politique, 69% estimant que les élus sont corrompus et 60% que le fonctionnement de la démocratie n’est pas satisfaisant.

Coté services, les citoyens plus connectés et souvent mieux équipés que l’administration, deviennent plus exigeants et ce décalage de pratique en ligne alimente les préjugés classiques sur l’administration considérée: lente, opaque, procédurale, complexe, ou encore inaccessible.

L’électrochoc politique et économique que pourrait représenter la perte du triple A français constitue aujourd’hui une opportunité pour la mise en œuvre d’un chantier de modernisation et adaptation des services publiques à la société numérique.

Investir les réseaux sociaux et multiplier les canaux d’information, participer aux discussions en ligne et prendre en compte les retours usagers, publier les données et rendre lisibles l’action publique, développer interaction et participation à travers des démarches innovantes, coproduire services et informations, etc.

Développer un service publique adapté aux outils et attentes du 21eme siècle implique de mener une réforme culturelle et organisationnelle majeure que d’autres pays entament déjà en développant des pratiques de « gouvernance ouverte » (open government) qui représentent une alternative à la tentation facile de suppression de certains services publics pour accompagner les coupes budgétaires.

 

Gouvernance ouverte: l’innovation ouverte appliquée aux administrations

L’innovation ouverte revient à développer des pratiques culturelles et organisationnelles basées sur l’ouverture, le partage et la coproduction. Inspirée de la philosophie du Web, son objectif est d’améliorer un service et de gagner en efficacité à moindre coût. Cette pratique appliquée aux administrations s’est notamment développée sous le terme Open Government que nous traduisons ici par « Gouvernance Ouverte ».

La stratégie de transition vers ce type d’administration se déroule en trois étapes :

  1. Transparence : ouverture des données publiques, lisibilité de l’action publique
  2. Participation : usage des outils en ligne et interaction avec les usagers
  3. Coproduction : développement de services innovants et collaboratifs

 

Antoni Gutiérrez-Rubí rappelle que ces étapes consistent notamment en l’application des points suivants:

  • Communication et coordination en ligne des administrations, dialogue et échanges sur les réseaux sociaux pour générer de l’interaction et une modernisation des pratiques
  • Développement de l’ouverture de données, de la coproduction et co-création avec les producteurs et usagers des services publics
  • Favoriser une culture de l’innovation au sein des administrations en favorisant les retours et l’expérience aussi bien des agents en interne que des citoyens pour mettre l’usager au cœur de l’organigramme

 

Les changements pour aller vers une véritable administration numérique ne sont pas que technologiques. Il s’agit de mettre en place une nouvelle culture de communication, un nouveau modèle organisationnel, le développement d’idées et de ressources et compétences internes/externes inexploitées car inexploitables dans un système actuel. Il ne s’agit pas d’une question technologique mais culturelle, sociale, relationnelle, qui impulse et stimule une culture de changement de conception, gestion et prestation des services publics.

 

Pour favoriser le développement de ce type de démarches, un groupement international, l’Open Government Partnership (OGP), a été créé en 2011 qui rallie une quarantaine de pays à travers le monde. A l’étranger, l’Espagne avance sur le sujet, l’Australie en a fait une politique numérique ambitieuse et détaillée baptisée Engage 2.0 et le gouvernement américain, précurseur en la matière en a fait un programme politique phare.

Des agences gouvernementales se développent pour organiser les feuilles de route, outiller les administrations, mutualiser les démarches et accompagner le changement.

La révolution est en cours.

 

Gouvernance ouverte et Open Data

Sans changement d’outil, de culture, de mode d’interaction, l’administration ne sera pas à même de gérer le développement de l’écosystème de réutilisateurs de données, de répondre à leurs attentes, de prendre en considération les retours, d’intégrer l’enrichissement des données en interne, de développer une culture de traitement de la donnée pour optimiser la gestion.

 

Beaucoup de défenseurs de l’open data se contentent aujourd’hui d’interpeller les administrations sur l’ouverture de leurs données, sans jamais évoquer les changements que devraient accompagner la mise à disposition. Or, à défaut de vision politique de modernisation des services publics et sans ces changements structurels, nous assisterons (si ce n’est déjà le cas) à une « ouverture a minima » (en terme de qualité et de données disponibles) qui questionne la pérennité des démarches open data en France.

 

Un exemple avec la ville de Rennes, pionnière en matière d’ouverture de données en France et qui semble peiner aujourd’hui à assurer la continuité de ses démarches. Après un cycle d’ouverture de données et animation à travers un concours, le site de données de la ville ne semble plus être alimenté depuis six mois.

Et de fait, si la publication de certains jeux de données et la gestion d’un appel à projets peuvent être gérés selon l’ancien modèle organisationnel, la continuité des démarches requière en revanche des changements structurels majeurs que ni les collectivités, ni l’Etat n’ont entrepris en France.

 

A l’étranger pourtant, l’ouverture de données est synonyme d’intégration d’une nouvelle culture administrative et de questionnement de la mission de service public. Rachel Sterne, responsable des développements numériques de la ville de New York, considère ainsi que le rôle de l’administration évolue de la position de « grand ordonnateur » à « grand facilitateur » de services et d’échanges, laissant place au dialogue et coproduction.

 

Les données font évoluer le gouvernement en le conduisant à répartir ses ressources de manière plus efficace, mais également en apportant une réalisation plus aboutie et une meilleure réponse en temps réel aux besoins des citoyens. Lors de sa présentation, elle a évoqué bien sûr de nombreuses initiatives portées par la ville, comme celle sur les horaires de bus de l’autorité métropolitaine du transport, qui a été développé localement en open source à très faible coût. Elle a évoqué également comment la ville, en interne, utilise l’analyse prédictive pour construire une application basée sur les violations au code de la construction et des données de logement pour mieux comprendre les risques potentiels d’incendies sur la ville. Pour Sterne, la présence de la ville sur plus de 200 plateformes sociales doit être vue comme un standard numérique, semblable à un standard téléphonique, via lequel les citoyens peuvent poser leurs questions et via lequel les fonctionnaires les dirigent vers les ressources appropriées.

Internet Actu : Open Data, New York comme plateforme

 

L’ouverture de données impose de reconsidérer le fonctionnement des services publics et leurs pratiques. Elle impose également de considérer la diffusion d’information telle une nouvelle mission de service public si l’on souhaite obtenir les résultats attendus, notamment en terme de développement économique. Il faudra industrialiser les processus et développer une infrastructure informationnelle avec la même rigueur que les infrastructures physiques. Il faudra également évoluer dans les pratiques et les outils or cela implique une vision politique actuellement inexistante.

 

Pour obtenir le potentiel attendu de l’open data, il y a donc urgence à développer une vision politique autour de cet outil et de la modernisation des services publics.

Cette transformation indispensable des administrations et dont l’open data est un levier, représente une opportunité sans précédent d’intégrer au calendrier des réformes, des réformes structurelles et technologiques de l’administration pour rationaliser les couts et offrir des services modernes et efficaces.

 

En France

De son côté, la France n’a pas souhaité rejoindrel’Open Government Partnership et si une politique d’ouverture de données est en place, il n’existe aucune vision politique numérique globale.

L’objet même de la mission en charge de l’open data au sein du gouvernement est révélateur des objectifs visés: « création d’un portail unique interministériel destiné à rassembler et à mettre à disposition librement les données ». Aucun élément intégré sur l’éventuelle modernisation des services publics,  menée par d’autres services sans cohérence dans les démarches. Le projet open data est simplement mené tel un projet de publication intensive de données, sans questionnement sur les changements de pratiques.

 

Du côté des politiques, le débat sur la gouvernance ouverte tenu lors du Personal Democracy Forum démontre que la gouvernance ouverte n’est pas encore un sujet maîtrisé.

On aurait pu croire que les contraintes budgétaires croissantes, associées aux prochaines élections présidentielles, allaient permettre de placer la gouvernance ouverte au cœur du débat politique.

Pourtant, si le PS et l’UMP proposent bien dans leurs programmes des actions en faveur de l’ouverture de données, première étape de la gouvernance ouverte, les deux partis se bornent à considérer l’open data tel un programme de publication intensive d’informations au lieu de profiter de cette opportunité pour présenter une réflexion et une vision de l’administration et de la société numérique.

 

Les deux programmes passent à la trappe les changements culturels et organisationnels qu’imposent pourtant leurs propositions sur l’ouverture de données et le développement de cette société numérique. De manière générale, les propositions politiques liées au numérique sont d’ailleurs peu ambitieuses en France alors que notre société se développe toujours plus vers les réseaux et qu’à l’étranger, des projets politiques nationaux, incluant les éléments sociaux et économiques, se développement autour de cet axe.

 

A défaut de vision politique, l’administration en est à l’étape de découverte de l’imprimerie et plutôt que d’envisager de grandes campagnes d’alphabétisation, d’accès à la culture, de développement de l’industrie du papier et autres projets économiques et sociaux… L’administration découvre l’imprimerie… et elle imprime.

 

Il y a donc urgence à développer une vision autour de la modernisation des services publics et les démarches entamées en matière d’ouverture de données publiques représentent un levier. Si la gouvernance ouverte ne résoudra pas tous les problèmes, elle reste cependant un élément parmi les solutions et devrait être proposée en tant que tel.

 

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